Réf
44754
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
40/2
Date de décision
23/01/2020
N° de dossier
2017/2/3/1895
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Thème
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Référé, Procédure civile, Notification, Juge des référés, Irrégularité de la notification, Expulsion, Contestation sérieuse, Compétence, Commandement de payer et d'éviction, Cassation, Bail commercial
Base légale
Article(s) : 152 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Source
Non publiée
Viole l'article 152 du Code de procédure civile la cour d'appel qui confirme une ordonnance d'expulsion rendue en référé, alors que l'existence d'une contestation sérieuse soulevée par le locataire quant à la régularité de la notification du commandement de payer et d'éviction a pour effet de priver le juge des référés du pouvoir de statuer au fond sur la demande.
محكمة النقض، الغرفة التجارية القسم الثاني، القرار عدد 2/40، المؤرخ في 2020/01/23، ملف تجاري عدد 2017/2/3/1895
بناء على مقال النقض المقدم بتاريخ 2017/08/03 من طرف الطالب المذكور أعلاه بواسطة نائبه الأستاذ سعيد (ن.) الرامي الى نقض القرار رقم : 3090 الصادر بتاريخ 2017/05/23 في الملف رقم 2017/8225/38 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء.
وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف
وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في : 1974.9.28
وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في : 2020/01/02.
وبناء على الاعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ : 2020/01/23.
وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم .
وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشارة المقررة السيدة خديجة الباين والاستماع الى ملاحظات المحامي العام السيد محمد صادق
وبعد المداولة وطبقا للقانون .
حيث يستفاد من وثائق الملف ومن القرار المطعون فيه أن المطلوبين قدموا بتاريخ 2016/10/20 مقالا الى رئيس المحكمة التجارية بالدار البيضاء عرضوا فيه أنهم يملكون الرسم العقاري الذي يوجد به المحل التجاري الذي يملك أصله التجاري الطالب ويكتريه بمبلغ شهري قدره 1030 درهم والذي توصل منهم بإنذار بتاريخ 2016/4/14 من أجل أداء واجبات الكراء منذ 2010/3/1 الى 2016/9/30 والإفراغ فلم يسلك مسطرة الصلح مما يعتبر منه تنازلا عن مقتضيات ظهير 1955/5/24 وأصبح محتلا للمحل دون سند ولا قانون ملتمسين الحكم عليه بإفراغ المحل الكائن ب(م. س. ي.) (...) ومن يقوم مقامه حيث صدر أمر بإفراغ المدعى عليه ( الطالب ) من المحل المذكور ومن يقوم مقامه والذي استأنفه الطالب مؤكدا أداءه لواجبات الكراء المطالب بها وطعن بالزور الفرعي في تبليغ الإنذار. كما التمس بطلان الإنذار المذكور حيث أصدرت محكمة الاستئناف التجارية القرار المطلوب نقضه القاضي بتأييد الأمر المستأنف.
حيث أن من جملة ما يعيب به الطاعن القرار في الفرع الثالث من الوسيلة الفريدة خرق القانون ذلك أن المنازعة في إجراءات تبليغ الإنذار بالإفراغ المؤسس عليه الأمر المستأنف والتحقق من سلامتها تختص بالنظر فيها محكمة الاستئناف المعروض عليها الطعن وأن النزاع المعروض على هذه الأخيرة جدي وقانوني لكون الإنذار بالأداء والإفراغ بلغ الى مسير المحل التجاري الذي لا يدخل في دائرة الأشخاص المذكورين في الفصل 38 من ق م م .
حيث ان الثابت أن الطاعن نازع بمقتضى مقاله الاستئنافي الذي صدر على إثره القرار المطعون فيه في تبليغ الإنذار موضوع الدعوى بنفي توصله به وانعدام علاقته بالمتوصل به ( المسير ) وهي أمور تخرج مناقشتها عن الاختصاص الموكول الى القضاء الاستعجالي باعتبار أن هذا الأخير حسب الفصل 152 من ق م م لا يبت إلا في الإجراءات الوقتية والأوامر الصادرة عنه لا تمس ما يمكن أن يقضى به في الجوهر <> وأن المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه لما ثبت لها ما ذكر وعللته << أنه بخصوص المنازعة في الإنذار وإجراءات تبليغه تبقى أمور خارجة عن اختصاص قاضي الأمور المستعجلة وفات أوان إثارتها <> وأيدت الحكم الصادر ضد الطاعن بالإفراغ رغم المنازعة الجدية فيما يتعلق بالتوصل بالإنذار الموجه اليه أو عدم التوصل به والتي لا تدخل في نطاق اختصاصات قاضي المستعجلات الذي أصدر الأمر بالإفراغ تكون قد خرقت الفصل 152 من قانون المسطرة المدنية وكان ما نعته الوسيلة واردا على القرار موجبا لنقضه.
وحيث أن حسن سير العدالة ومصلحة الطرفين يقتضيان إحالة الملف على نفس المحكمة المصدرة له ./.
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض بنقض القرار المطعون فيه وبإحالة القضية والأطراف على نفس المحكمة مصدرته لتبت فيها بهيئة أخرى طبقا للقانون وبتحميل المطلوبين في النقض الصائر .
كما قررت اثبات قرارها هذا بسجلات المحكمة المصدرة له ، اثر الحكم المطعون فيه أو بطرته.
Cour de cassation, Chambre commerciale, Section II, Arrêt n° 2/40, en date du 23/01/2020, Dossier commercial n° 2017/2/3/1895
Vu le pourvoi en cassation formé le 03/08/2017 par le demandeur susmentionné, par l'intermédiaire de son avocat Maître Said (N.), tendant à la cassation de l'arrêt n° 3090 rendu le 23/05/2017 par la Cour d'appel de commerce de Casablanca dans le dossier n° 2017/8225/38.
Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile du 28/09/1974.
Vu l'ordonnance de mise en état et de communication du 02/01/2020.
Vu l'avis de fixation de l'affaire à l'audience publique tenue le 23/01/2020.
Vu l'appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.
Après la lecture du rapport par Madame Khadija El Bayne, conseiller rapporteur, et l'audition des observations de Monsieur Mohamed Sadek, avocat général.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
Attendu qu'il résulte des pièces du dossier et de l'arrêt attaqué que les défendeurs au pourvoi ont présenté, le 20/10/2016, une requête au président du Tribunal de commerce de Casablanca, exposant qu'ils sont propriétaires du bien immobilier, objet du titre foncier, où se trouve le local commercial dont le fonds de commerce est la propriété du demandeur au pourvoi, qui le loue pour un montant mensuel de 1030 dirhams ; que ce dernier a reçu de leur part, le 14/04/2016, une sommation de payer les loyers dus du 01/03/2010 au 30/09/2016 et de quitter les lieux ; qu'il n'a pas engagé la procédure de conciliation, ce qui est considéré comme une renonciation de sa part aux dispositions du Dahir du 24/05/1955, et qu'il est devenu occupant des lieux sans droit ni titre, sollicitant qu'il soit ordonné son expulsion du local sis à (M. S. Y.) (...) ainsi que celle de tout occupant de son chef ; qu'une ordonnance a été rendue prononçant l'expulsion du défendeur (le demandeur au pourvoi) desdits lieux ainsi que celle de tout occupant de son chef ; que le demandeur au pourvoi a interjeté appel de cette ordonnance, affirmant s'être acquitté des loyers réclamés et s'est inscrit en faux à titre incident contre la notification de la sommation. Il a également sollicité la nullité de ladite sommation ; que la Cour d'appel de commerce a rendu l'arrêt dont pourvoi, confirmant l'ordonnance entreprise.
Attendu que, parmi les griefs que le demandeur au pourvoi fait à l'arrêt, dans la troisième branche du moyen unique, il invoque la violation de la loi, en ce que la contestation relative aux formalités de notification de la sommation d'expulser, sur laquelle se fonde l'ordonnance entreprise, et la vérification de leur régularité, relèvent de la compétence de la Cour d'appel saisie du recours, et que le litige qui lui était soumis était sérieux et fondé en droit, dès lors que la sommation de payer et de quitter les lieux a été notifiée au gérant du local commercial, lequel ne figure pas parmi les personnes énumérées à l'article 38 du Code de procédure civile.
Attendu qu'il est constant que le demandeur au pourvoi a contesté, par sa requête d'appel ayant donné lieu à l'arrêt attaqué, la notification de la sommation objet du litige, en niant l'avoir reçue et en contestant tout lien avec le destinataire (le gérant) ; que l'examen de ces questions échappe à la compétence dévolue au juge des référés, dès lors que ce dernier, aux termes de l'article 152 du Code de procédure civile, ne statue que sur des mesures provisoires et que les ordonnances qu'il rend ne préjudicient pas à ce qui pourra être jugé au fond ; que la cour, auteur de l'arrêt attaqué, après avoir constaté ce qui précède et motivé sa décision en énonçant que << en ce qui concerne la contestation de la sommation et de ses formalités de notification, il s'agit de questions qui échappent à la compétence du juge des référés et dont le moment pour les soulever est révolu >>, a confirmé la décision d'expulsion rendue à l'encontre du demandeur au pourvoi, malgré l'existence d'une contestation sérieuse relative à la réception ou non de la sommation qui lui a été adressée, contestation qui n'entre pas dans le champ de compétence du juge des référés qui a rendu l'ordonnance d'expulsion ; qu'en statuant ainsi, elle a violé l'article 152 du Code de procédure civile ; que le grief énoncé dans le moyen est fondé à l'encontre de l'arrêt, ce qui en justifie la cassation.
Attendu que la bonne administration de la justice et l'intérêt des parties commandent le renvoi de l'affaire devant la même cour qui l'a rendue.
PAR CES MOTIFS
La Cour de cassation casse et annule l'arrêt attaqué et renvoie la cause et les parties devant la même cour qui l'a rendu, pour qu'il y soit statué à nouveau, par une formation autrement composée, conformément à la loi, et condamne les défendeurs au pourvoi aux dépens.
Elle ordonne en outre que le présent arrêt soit transcrit sur les registres de la cour qui l'a rendu, en marge ou à la suite de la minute de l'arrêt attaqué.
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