Le moyen relatif à la nature et à la nullité d’un contrat est irrecevable lorsqu’il est présenté pour la première fois devant la Cour de cassation (Cass. com. 2019)

Réf : 45767

Identification

Réf

45767

Juridiction

Cour de cassation

Pays/Ville

Maroc/Rabat

N° de décision

386/2

Date de décision

18/07/2019

N° de dossier

2017/2/3/1206

Type de décision

Arrêt

Chambre

Commerciale

Abstract

Source

Non publiée

Résumé en français

Le moyen par lequel une partie soutient, pour la première fois devant la Cour de cassation, que la relation contractuelle la liant à la partie adverse doit être qualifiée de bail commercial et non de gérance libre, et invoque la nullité de ce dernier contrat pour vice de forme, est un moyen nouveau qui, n'ayant pas été soumis aux juges du fond, est irrecevable.

Texte intégral

محكمة النقض، الغرفة التجارية، القرار عدد 2/386، المؤرخ في 2019/07/18، ملف عدد 2017/2/3/1206

بناء على مقال النقض المقدم بتاريخ 2017.05.30 من طرف الطالب المذكور أعلاه بواسطة نائبه الأستاذ احمد (ن.) الرامي الى نقض القرار رقم : 1030 الصادر بتاريخ 2017.02.20 في الملف رقم 2016.8205.6216 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء.

وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف.

وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في : 1974.9.28.

وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في : 2019/6/13.

وبناء على الاعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ : 2019/7/18.

وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم.

وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد حسن سرار والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد محمد صادق.

وبعد المداولة وطبقا للقانون.

حيث يستفاد من وثائق الملف ومن القرار المطعون فيه الصادر عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء أن المطلوبين ورثة حسن (ف.) تقدموا بواسطة دفاعهم بتاريخ 2016.06.28 بمقال أما المحكمة التجارية بالدار البيضاء عرضوا فيه أن المحل التجاري الكائن (...) آل إليهم من مورثهم وقد عهدوا بتسييره إلى المدعى عليه حسن (ب.) مقابل 2500 درهم شهريا إلا انه امتنع عن أداء واجبات التسيير منذ 2016.01.01 إلى 2016.06.30 فوجهوا له إنذارا من أجل إفراغ المحل بقي بدون نتيجة والتمسوا الحكم بإفراغه ومن يقوم مقامه من المحل المذكور وبأدائه لهم مبلغ 15.000,00 درهم عن واجبات التسيير عن المدة أعلاه ومبلغ 2000 درهم عن التماطل. وبعد جواب المدعى عليه الذي جاء فيه أنه تربطه بالمدعين علاقة كرائية بخصوص المحل موضوع النزاع وليست علاقة تسيير وأنهم لم يوجهوا له إنذارا في إطار مقتضيات ظهير 1955.05.24 وان عبد الحكيم (ف.) تسلم منه واجب كراء شهر يناير 2016 نيابة عن امه صبري (ح.) ورفض تسلم الباقي الذي سلك بشأنه مسطرة العرض والإيداع وانتهاء الإجراءات صدر حكم قضى بفسخ عقد التسيير الحر المبرم بين الطرفين وبرفض باقي الطلبات استأنفه الطاعن استئنافا أصليا والمطلوبين استئنافا فرعيا وبعد تمام الإجراءات قضت محكمة الاستئناف برد الاستئناف الأصلي واعتبار الاستئناف الفرعي جزئيا وإلغاء الحكم المستأنف فيما قضى به من رفض طلب التعويض عن التماطل والحكم من جديد بأداء المستأنف عليه فرعيا للمستأنفين فرعيا مبلغ الف درهم كتعويض بمقتضى قرارها المطلوب نقضه.

حيث ينعى الطاعن على القرار في الوسيلتين مجتمعتين خرق مقتضيات الفصل الأول من قانون المسطرة المدنية والمواد من 152 إلى 158 من مدونة التجارة بدعوى ان المطلوبين تقدموا بدعواهم في مواجهته بصفتهم مالكين للأصل التجاري أو المحل التجاري الذي آل إليهم عن طريق الإرث لكنهم لم يثبتوا تملكهم للمحل أو الأصل التجاري المذكور بشهادة الملكية أو السجل التجاري وأدلوا فقط بإعلام ضريبي الذي لا يثبت الصفة التي تعتبر من النظام العام يمكن إثارتها في أي مرحلة من مراحل التقاضي وتلقائيا من طرف المحكمة, كما انه دفع بكون العلاقة التي تربطه بالمطلوبين هي علاقة كراء لمحل تجاري وليس علاقة كراء لأصل تجاري – تسيير حر – وان المحكمة المصدرة له اعتبرت أن الأمر يتعلق بتسيير حر استنادا إلى محضر المعاينة والاستجواب المنجز بتاريخ 2016.05.24 وخلافا لما ذهب إليه القرار المطعون فيه فإن عقد التسيير الحر يخضع لشروط وشكليات أهمها الكتابة والنشر في الجريدة الرسمية وفي جريدة أخرى مخول لها نشر الإعلانات القانونية حسب ما هو منصوص عليه في المادة 153 من مدونة التجارة وأن كل عقد تسيير لا تتوفر فيه الشروط المنصوص عليها يعد باطلا حسب مقتضيات المادة 158 من مدونة التجارة ولا يمكن للمحكمة ان تبني قضاها على عقد باطل أو غير موجود بالمرة, على هذا الأساس فإنه يتمسك بكون العلاقة التي تجمعه بالمطلوبين هي علاقة كرائية تخص محلا تجاريا وليس علاقة تسيير حر الذي في غيابه فإن العلاقة بينهما يمكن ان تكون كراء من الباطن ما داموا لم يثبتوا تملكهم للأصل التجاري والكراء من الباطن يخضع للقواعد العامة المنصوص عليها في ظهير 1955.05.24 والقرار المطعون فيه لما قضى بتأييد الحكم الابتدائي رغم عدم وجود عقد التسيير الحر يكون قد عرض قضاءه للنقض والإبطال.

لكن حيث أن ما تضمنته الوسيلتان أثير لأول مرة أمام محكمة النقض, ولم يسبق للطاعن إثارته أمام المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه فهو غير مقبول ./.

لهذه الأسباب

قضت محكمة النقض برفض الطلب وبتحميل الطالب الصائر.

Version française de la décision

Cour de cassation, Chambre commerciale, Arrêt n° 2/386, en date du 18/07/2019, Dossier n° 2017/2/3/1206

Vu le pourvoi en cassation formé le 30/05/2017 par le demandeur susmentionné, par l’intermédiaire de son avocat Maître Ahmed (N.), tendant à la cassation de l’arrêt n° 1030 rendu le 20/02/2017 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca dans le dossier n° 2016/8205/6216.

Vu les autres pièces produites au dossier.

Vu le Code de procédure civile du 28/09/1974.

Vu l’ordonnance de clôture de l’instruction et de communication du dossier en date du 13/06/2019.

Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique tenue le 18/07/2019.

Vu l’appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.

Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Hassan Serrar, et après avoir entendu les observations de l’avocat général, Monsieur Mohamed Sadek.

Après en avoir délibéré conformément à la loi.

Il résulte des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué, rendu par la Cour d’appel de commerce de Casablanca, que les défendeurs au pourvoi, héritiers de Hassan (F.), ont, par l’intermédiaire de leur défenseur, saisi le 28/06/2016 le Tribunal de commerce de Casablanca d’une requête dans laquelle ils exposaient que le local commercial sis à (...) leur était échu de leur auteur, et qu’ils en avaient confié la gérance au défendeur Hassan (B.) contre un loyer mensuel de 2500 dirhams. Ils ajoutaient que ce dernier s’était abstenu de régler les redevances de gérance depuis le 01/01/2016 jusqu’au 30/06/2016, ce qui les avait conduits à lui adresser une mise en demeure d’évacuer les lieux, laquelle était restée sans effet. Ils sollicitaient en conséquence qu’il soit jugé que le défendeur, ou tout occupant de son chef, devait évacuer ledit local, et qu’il soit condamné à leur verser la somme de 15.000,00 dirhams au titre des redevances de gérance pour la période susvisée, ainsi qu’une somme de 2000 dirhams pour cause de retard. En réponse, le défendeur a soutenu être lié aux demandeurs par une relation locative portant sur le local litigieux, et non par une relation de gérance ; que ceux-ci ne lui avaient pas adressé de mise en demeure dans le cadre des dispositions du dahir du 24 mai 1955 ; que Abdelhakim (F.) avait perçu de lui le loyer du mois de janvier 2016 au nom de sa mère Sabri (H.) et avait refusé de recevoir le solde, pour lequel il avait engagé une procédure d’offre réelle et de consignation. À l’issue des procédures, un jugement a été rendu prononçant la résiliation du contrat de gérance-libre conclu entre les parties et rejetant le surplus des demandes. Le demandeur au pourvoi a interjeté appel principal de ce jugement et les défendeurs au pourvoi ont formé un appel incident. Après l’accomplissement des formalités de procédure, la cour d’appel a statué en rejetant l’appel principal, en accueillant partiellement l’appel incident, et en infirmant le jugement entrepris en ce qu’il avait rejeté la demande d’indemnité pour retard de paiement ; statuant à nouveau, elle a condamné l’intimé sur appel incident à verser aux appelants incidents la somme de mille dirhams à titre d’indemnité, par son arrêt objet du présent pourvoi.

Le demandeur au pourvoi fait grief à l’arrêt, en ses deux moyens réunis, de la violation des dispositions de l’article premier du Code de procédure civile et des articles 152 à 158 du Code de commerce, au motif que les défendeurs au pourvoi ont engagé leur action à son encontre en leur qualité de propriétaires du fonds de commerce ou du local commercial qui leur était échu par succession, sans toutefois prouver leur propriété dudit local ou fonds de commerce par un certificat de propriété ou un extrait du registre du commerce, ne produisant qu’un avis d’imposition qui ne établit pas la qualité pour agir, laquelle est d’ordre public et peut être soulevée à tout stade de la procédure, et d’office par la juridiction. Il soutient également que la relation le liant aux défendeurs au pourvoi est une relation de bail portant sur un local commercial et non un contrat de location d'un fonds de commerce – gérance-libre – et que la juridiction qui a rendu l’arrêt a considéré qu’il s’agissait d’une gérance-libre en se fondant sur un procès-verbal de constat et d’interrogatoire dressé le 24/05/2016. Or, contrairement à ce qu’a retenu l’arrêt attaqué, le contrat de gérance-libre est soumis à des conditions de fond et de forme, dont les plus importantes sont l’écrit et la publication au Bulletin Officiel ainsi que dans un autre journal habilité à recevoir les annonces légales, conformément aux dispositions de l’article 153 du Code de commerce, et que tout contrat de gérance ne remplissant pas les conditions prescrites est réputé nul en vertu de l’article 158 du Code de commerce. La cour ne peut donc fonder sa décision sur un contrat nul ou inexistant. Sur ce fondement, il maintient que la relation qui l’unit aux défendeurs au pourvoi est une relation locative portant sur un local commercial, et non une relation de gérance-libre, en l'absence de laquelle la relation entre eux pourrait être une sous-location, dès lors qu'ils n'ont pas prouvé leur propriété du fonds de commerce. La sous-location est soumise aux règles générales énoncées par le dahir du 24 mai 1955. En confirmant le jugement de première instance malgré l’absence de contrat de gérance-libre, l’arrêt attaqué a exposé sa décision à la cassation et à l’annulation.

Mais attendu que les arguments contenus dans les deux moyens sont soulevés pour la première fois devant la Cour de cassation, et n'ont pas été préalablement soumis par le demandeur au pourvoi à la juridiction qui a rendu l'arrêt attaqué ; qu’ils sont de ce fait irrecevables.

PAR CES MOTIFS

La Cour de cassation rejette le pourvoi et condamne le demandeur aux dépens.

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