Réf
44441
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
506/1
Date de décision
15/07/2021
N° de dossier
2021/3/3/103
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Thème
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Voies de recours, Signification à personne morale, Rejet, Procédure civile, Préjudice, Pas de nullité sans grief, Notification, Exception de nullité, Effet dévolutif, Défaut de motifs, Appel
Base légale
Article(s) : 49 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Source
Non publiée
En application du principe selon lequel il n’y a pas de nullité sans grief, une cour d’appel, saisie de l’entier litige par l’effet dévolutif, écarte à bon droit l’exception de nullité de l’assignation en première instance. Une telle irrégularité ne cause en effet aucun préjudice à l’appelant qui a pu faire valoir l’ensemble de ses moyens de fait et de droit en cause d’appel.
محكمة النقض – الغرفة التجارية – القسم الأول – القرار عدد 1/506 – المؤرخ في 2021/07/15 – ملف تجاري عدد 2021/3/3/103
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 16 نونبر 2020 من طرف الطالبة المذكورة أعلاه بواسطة نائبها الأستاذ عبد العاطي (ب.) والرامي إلى نقض القرار رقم 6078 الصادر بتاريخ 2019/12/12 في الملف 2019/8202/4940 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء .
وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف.
وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974.
وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر بتاريخ 2021/6/17.
وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 2021/7/15.
وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم.
وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد محمد كرام والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد رشيد بناني.
وبعد المداولة طبقا للقانون.
حيث يستفاد من مستندات الملف والقرار المطعون فيه أن المطلوبة شركة (أ.) تقدمت بمقال أمام المحكمة التجارية بالرباط عرضت فيه ، أنها باعت للمدعى عليها شركة (ف. ا. ا.) مجموعة من مواد البناء والطلاء بمبلغ 790.443،40 درهما إلا أن هذه الأخير لم تؤد ما بذمتها رغم إنذارها ، ملتمسة الحكم عليها بأدائها لها المبلغ المذكور مع الفوائد القانونية وإجراء خبرة حسابية.
وبعد تمام الإجراءات ، أصدرت المحكمة التجارية حكمها القاضي بأداء المدعى عليها للمدعية مبلغ 657.668،62 درهما مع الفوائد القانونية ابتداء من تاريخ الطلب إلى يوم الأداء ورفض باقي الطلب . أيدته محكمة الاستئناف التجارية بقرارها المطعون فيه بالنقض.
في شأن الشق الأول من الوسيلة الفريدة
حيث تنعى الطالبة على القرار نقصان التعليل الموازي لانعدامه بدعوى أن المحكمة أيدت الحكم الابتدائي دون أن تعلله تعليلا كافيا كما لم تجب بشكل كاف عن الدفع ببطلان إجراءات التبليغ ذلك أن شهادة تسليم الاستدعاء لحضور الجلسة غير قانونية على اعتبار أن المفوض القضائي المكلف بالتبليغ أشار إلى رفض أحد المسؤولين بالشركة الطالبة التوصل دون أن يبين الطريقة التي علم بها أنه مسؤول بها ودون تحديد هويته ، علما أن تبليغ الاستدعاء للشخص المعنوي يجب أن يتم للممثل القانوني أو لمن فوض له الأمر ولا ينبغي الاكتفاء بالإفادة الناقصة ضد العدم التي ضمنها المفوض القضائي بشهادة التسليم وهو ما حرمها من درجة من درجة التقاضي بل وحرمها من تقديم مقال مضاد يرمي إلى التعويض عن الضرر الذي تسببت فيه المطلوبة والثابت من خلال محضر المعاينة الملقى به بالملف ، فجاء القرار ناقص التعليل المعتبر بمثابة انعدامه مما تعين معه نقضه.
لكن حيث ان المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه ردت طعن الطالبة في إجراءات التبليغ ليس بالتعليل المنتقد فحسب بل أضافت إليه تعليلا آخر جاء فيه » … واعتبارا للأثر الناشر للاستئناف فيتعين استبعاد دفوعها أعلاه استنادا للقاعدة المنصوص عليها في الفصل 49 من ق م م والتي تفيد انه لا بطلان بدون ضرر » ، والذي لم تنتقده الطالبة والكافي لإقامة القرار ، والوسيلة على غير أساس.
في شأن الفرع الثاني من الوسيلة الفريدة :
حيث تنعى الطالبة على القرار نقصان التعليل المعتبر بمثابة انعدامه بدعوى أن المطلوبة طالبت بأداء المبالغ المبينة في المقال باعتبارها ملزمة بأداء ما بذمتها دون أن تنفذ التزامها بالقيام بعملية الطلاء وفقا للمعايير المتعارف عليها ، وهو ما ألحق بمعملها اضرارا بليغة وحرمها من استعماله واضطرت الى إعادة عملية الطلاء وتوقفت عن العمل لمدة طويلة حرمت فيها من تحقيق الأرباح التي اعتادت على تحقيقها ، وأنه لا يمكن مطالبتها بتنفيذ التزامها الا بعد اثبات المطلوبة تنفيذ التزامها المقابل مما تبقى معه هذه الأخيرة غير مستحقة للمبالغ المطالب بها ، والمحكمة بعدم مراعاتها لما ذكر ، يكون قرارها غير معلل بما يكفي وجاء ناقص التعليل المعتبر بمثابة انعدامه مما تعين معه نقضه.
لكن حيث ان الطالبة لم تبين اين يتجلى عدم كفاية التعليل مكتفية بسرد الوقائع ، والفرع من الوسيلة غير مقبول.
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض برفض الطلب مع إبقاء المصاريف على الطالبة.
Cour de cassation – Chambre commerciale – Première section – Arrêt n° 1/506 – En date du 15/07/2021 – Dossier commercial n° 2021/3/3/103
Vu le pourvoi en cassation formé le 16 novembre 2020 par la demanderesse susmentionnée, par l’intermédiaire de son avocat Maître Abdelati (B.), tendant à la cassation de l’arrêt n° 6078 rendu le 12/12/2019 dans le dossier n° 2019/8202/4940 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca.
Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile en date du 28 septembre 1974.
Vu l’ordonnance de dessaisissement et de communication du 17/06/2021.
Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique du 15/07/2021.
Vu l’appel des parties et de leurs représentants, et leur défaut de comparution.
Après la lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Mohammed Karam, et l’audition des observations de l’avocat général, Monsieur Rachid Benani.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que la défenderesse au pourvoi, la société (A.), a saisi le Tribunal de commerce de Rabat d’une requête dans laquelle elle a exposé avoir vendu à la défenderesse en première instance, la société (F. A. A.), un ensemble de matériaux de construction et de peinture pour un montant de 790.443,40 dirhams, mais que cette dernière ne s’est pas acquittée de sa dette bien qu’ayant été mise en demeure, sollicitant sa condamnation à lui payer ladite somme, assortie des intérêts légaux, ainsi que l’organisation d’une expertise comptable.
Après l’accomplissement des formalités de procédure, le Tribunal de commerce a rendu son jugement condamnant la défenderesse à payer à la demanderesse la somme de 657.668,62 dirhams, assortie des intérêts légaux à compter de la date de la demande jusqu’au jour du paiement, et rejetant le surplus de la demande. Ce jugement a été confirmé par la Cour d’appel de commerce par son arrêt, objet du présent pourvoi en cassation.
Sur la première branche du moyen unique
Attendu que la demanderesse au pourvoi fait grief à l’arrêt d’un défaut de motivation équivalant à son absence, au motif que la cour a confirmé le jugement de première instance sans le motiver suffisamment et n’a pas répondu de manière adéquate à l’exception de nullité des formalités de notification, au motif que l’attestation de remise de la convocation à l’audience est irrégulière ; elle soutient en effet que l’huissier de justice chargé de la notification a mentionné le refus de recevoir de l’un des responsables de la société demanderesse sans préciser comment il a su qu’il était un responsable au sein de celle-ci et sans l’identifier, alors que la notification à une personne morale doit être effectuée à son représentant légal ou à la personne dûment mandatée à cet effet, et qu’il ne saurait être suffisant de se contenter de la mention incomplète et non circonstanciée que l’huissier de justice a portée sur l’attestation de remise, ce qui l’a privée d’un degré de juridiction et l’a même empêchée de former une demande reconventionnelle en réparation du préjudice causé par la défenderesse au pourvoi, préjudice établi par le procès-verbal de constat versé au dossier ; l’arrêt serait donc entaché d’un défaut de motivation assimilable à son absence, ce qui justifierait sa cassation.
Mais attendu que la cour d’appel, qui a rendu l’arrêt attaqué, a rejeté le moyen de la demanderesse au pourvoi relatif aux formalités de notification non seulement par la motivation critiquée, mais en y ajoutant une autre motivation ainsi conçue : « … et considérant l’effet dévolutif de l’appel, il y a lieu d’écarter ses exceptions susmentionnées en se fondant sur la règle énoncée à l’article 49 du Code de procédure civile, selon laquelle il n’y a pas de nullité sans grief » ; que cette motivation, qui n’a pas été critiquée par la demanderesse au pourvoi, est suffisante pour fonder la décision ; d’où il suit que le moyen est dénué de fondement.
Sur la seconde branche du moyen unique :
Attendu que la demanderesse au pourvoi fait grief à l’arrêt d’un défaut de motivation assimilable à son absence, au motif que la défenderesse au pourvoi a demandé le paiement des sommes indiquées dans sa requête en se considérant créancière, sans avoir exécuté son obligation de réaliser les travaux de peinture conformément aux règles de l’art, ce qui a causé de graves préjudices à son usine, l’a privée de son usage, l’a contrainte à refaire les travaux de peinture et l’a forcée à cesser son activité pendant une longue période, la privant ainsi des bénéfices qu’elle avait l’habitude de réaliser ; et qu’elle ne peut être tenue d’exécuter son obligation qu’après que la défenderesse au pourvoi ait prouvé l’exécution de son obligation corrélative, de sorte que cette dernière n’est pas fondée à réclamer les sommes demandées ; qu’en ne tenant pas compte de ce qui précède, la cour a rendu un arrêt insuffisamment motivé, entaché d’un défaut de motivation assimilable à son absence, ce qui justifie sa cassation.
Mais attendu que la demanderesse au pourvoi n’a pas précisé en quoi la motivation serait insuffisante, se contentant d’un simple exposé des faits ; que la branche du moyen est irrecevable.
PAR CES MOTIFS
La Cour de cassation rejette la demande et met les dépens à la charge de la demanderesse.
Ainsi rendu et lu en audience publique à la date susmentionnée, en la salle des audiences ordinaires de la Cour de cassation à Rabat. Siégeaient : le président de la chambre, Monsieur Said Saadaoui, président, et les conseillers, Messieurs : Mohammed Karam, rapporteur, Mohammed El Kadiri, Mohammed Ramzi et Mohammed Sghir, membres, en présence de l’avocat général, Monsieur Rachid Benani, et avec l’assistance du greffier, Monsieur Nabil El Kabli.
Le Président
Cour de cassation
Copie certifiée conforme à l’original portant les signatures du Président, du Conseiller rapporteur et du Greffier
Pour le Greffier en chef
Le Conseiller rapporteur
Le Greffier
Mounia (Z.)
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