Réf
19257
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
987
Date de décision
05/10/2005
N° de dossier
387/1/2005
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Mots clés
قرارات محكمة النقض, عبء الإثبات, العجز عن التنفيذ, الالتزام التعاقدي, الإكراه البدني, اتفاقية نيويورك 1966, إثبات الإعسار, Preuve de l'insolvabilité, obligation contractuelle, Incapacité d'exécution, Contrainte par corps, Charge de la preuve
Base légale
Article(s) : 11 - Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté à New York le 16 décembre 1966. Ratifié par le Maroc par Dahir n° 1-79-186 du 5 rejeb 1400 (21 mai 1980)
Source
Revue : Gazette des Tribunaux du Maroc مجلة المحاكم المغربية | N° : 112 | Année : يناير/ فبراير 2007
La Cour Suprême a été saisie d’un pourvoi contestant un arrêt de la Cour d’appel de commerce de Casablanca qui avait confirmé la condamnation d’une débitrice au paiement d’une dette commerciale, assortie de la contrainte par corps.
Le pourvoi s’appuyait sur l’argument que la Cour d’appel avait indûment écarté l’application de l’article 11 de la Convention de New York de 1966, ratifiée par le Maroc, qui prohibe l’emprisonnement pour dette civile et commerciale. La demanderesse en cassation soutenait une violation de cette disposition et une motivation insuffisante de l’arrêt attaqué.
La Cour Suprême a rejeté ce moyen, estimant que la Cour d’appel avait valablement motivé sa décision. Elle a souligné que la Cour d’appel avait jugé que l’invocation de l’article 11 de la Convention internationale relative aux droits de l’homme ne dispensait pas le débiteur de prouver son incapacité à exécuter son obligation contractuelle.
عرض على محكمة النقض طعن بالنقض في قرار صادر عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء، قضى بتأييد حكم قضى بإدانة مدينة بأداء دين تجاري مع الأمر بالإكراه البدني. استند الطعن على كون محكمة الاستئناف قد رفضت تطبيق المادة 11 من اتفاقية نيويورك لسنة 1966، التي تحظر حبس المدين بسبب دين تعاقدي، والتي صادق عليها المغرب. واعتبرت الطاعنة أن ذلك يشكل خرقاً لتلك المادة وأن قرار محكمة الاستئناف جاء معللاً تعليلاً قاصراً.
رفضت محكمة النقض الطعن، معتبرة أن محكمة الاستئناف عللت قرارها تعليلاً سليماً. وأوضحت أن محكمة الاستئناف رأت أن مجرد التمسك بالمادة 11 من الاتفاقية الدولية لحقوق الإنسان لا يعفي المدين من إثبات عجزه عن تنفيذ التزامه التعاقدي. واعتبرت محكمة النقض أن هذا التعليل مستوف للشروط القانونية
القرار عدد : 987، المؤرخ في: 5/10/2005 – ملف تجاري عدد : 387/1/2005
وبعد المداولة طبقا للقانون
حيث يستفاد من أوراق الملف والقرار المطعون فيه الصادر عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء بتاريخ 16/1/2003 تحت عدد 272-2003 في الملف عدد 3582-2002-9 أن المطلوبة ش ع ا تقدمت بمقال إلى المحكمة التجارية بالدار البيضاء تعرض فيه أنها دائنة للمدعى عليها الطالبة ش س بمبلغ 1041057.44 درهم ناتج عن عدم تسديدها لرصيد حسابها السلبي كما يتجلى من كشف الحساب المشهود بمطابقته لدفاتره التجارية الممسوكة بانتظام والموقوف في 1-7-2000، ملتمسة الحكم عليها بأداء المبلغ المذكور مع الفوائد الاتفاقية ومبلغ 100.000 درهم كتعويض مع تحديد الإكراه في الأقصى والصائر، فصدر حكم قضى على المدعى عليها بأدائها مع ش م وش م ص على وجه التضامن لفائدة المدعية مبلغ 1041057.44 درهم والفوائد القانونية من تاريخ الطلب والإجبار في الأدنى، استؤنف من طرف المحكوم عليها س ش في الشق المتعلق بتحديد الإكراه فصدر قرار استئنافي قضى بتأييد الحكم المستأنف وهو القرار المطعون فيه.
في شأن الوسيلة الوحيدة:
حيث تعيب الطاعنة القرار بعدم ارتكازه على أساس قانوني بدعوى أنها ركزت أوجه استئنافها على أن طلب تحديد الإكراه البدني لم يعد مشروعا، بعد أن صادق المغرب على معاهدة نيويورك المؤرخة في 12/12/1966 والمصادق عليها بتاريخ 8/11/1978 والمنشورة بالجريدة الرسمية بتاريخ 21/5/1980 وخاصة الفصل 11 منها الذي قرر بأنه لا يجوز حبس شخص من اجل دين يترتب عن التزام تعاقدي، والمحكمة عللت عدم استجابتها لملتمساتها بأنها لا يمكنها الاستفادة من مقتضيات المعاهدة المذكورة، والقرار خرق الفصل 11 من الاتفاقية الدولية، وتعليله جاء ناقصا ينزل منزلة انعدام التعليل لان المستفيد من دين ترتب عن التزام تعاقدي أن يلجأ إلى كافة الطرق والوسائل القانونية المخولة له قانونا من اجل استيفاء دينه عن طريق كافة الوسائل المسطرة لتنفيذ الأحكام، إن أثمرت كان له مراده، وان لم تثمر فذلك يعني أن المدين يوجد في حالة عسر وآنذاك يمكن مطالبته بإثبات عسره من عدمه.
لكن، حيث أن المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه لما تبين لها عدم إدلاء الطاعنة بأية حجة تثبت عدم قدرتها عن الوفاء ردت وعن صواب دفوعها بان » الطاعنة لا يمكن لها الاستفادة من مقتضيات المعاهدة الدولية لحقوق الإنسان المؤرخة في 12/12/1966 المصادق عليها بتاريخ 8/11/1978، إلا في حالة ما إذا أثبتت عدم قدرتها على تنفيذ التزامها التعاقدي « ، مما يكون معه قرارها مرتكزا على أساس قانوني وما ورد بالوسيلة على غير أساس.
لهذه الأسباب
قضى المجلس الأعلى برفض الطلب وتحميل الطالبة الصائر.
وبه صدر القرار وتلي بالجلسة العلنية المنعقدة بالتاريخ المذكور أعلاه بقاعة الجلسات العادية بالمجلس الأعلى بالرباط. وكانت الهيئة الحاكمة متركبة من السيدة الباتول الناصري رئيسا والمستشارين السادة: الطاهرة سليم مقررة وزبيدة التكلانتي وعبد الرحمان المصباحي ونزهة جعكيك بمحضر المحامي العام السيد العربي مريد بمساعدة كاتبة الضبط السيدة فتيحة موجب.
Cour Suprême,
Décision n° : 987, en date du 5 octobre 2005 – Dossier commercial n° : 387/1/2005
Après délibération conformément à la loi,
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué rendu par la Cour d’appel de commerce de Casablanca en date du 16 janvier 2003 sous le numéro 272-2003 dans le dossier n° 3582-2002-9 que la requérante, la Banque S., a présenté une requête devant le Tribunal de commerce de Casablanca exposant qu’elle est créancière de la défenderesse Ch.S, de la somme de 1 041 057,44 dirhams, résultant du non-paiement du solde de son compte débiteur, tel qu’il ressort du relevé de compte certifié conforme à ses livres de commerce régulièrement tenus et arrêté au 1er juillet 2000, demandant la condamnation de celle-ci au paiement de ladite somme, majorée des intérêts conventionnels et d’une indemnité de 100 000 dirhams, avec fixation de la contrainte par corps au maximum et aux dépens. Un jugement a été rendu condamnant la défenderesse, solidairement avec Ch.M et Ch.MU, à payer à la demanderesse la somme de 1 041 057,44 dirhams, majorée des intérêts légaux à compter de la date de la demande, et à la contrainte par corps au minimum. Appel a été interjeté par la condamnée S. Ch en ce qui concerne la fixation de la contrainte par corps. Un arrêt d’appel a été rendu confirmant le jugement entrepris, lequel est l’arrêt attaqué.
Sur le moyen unique :
Attendu que la demanderesse en cassation reproche à l’arrêt attaqué de ne pas être fondé en droit, au motif qu’elle a fondé ses moyens d’appel sur le fait que la demande de fixation de la contrainte par corps n’est plus légitime depuis que le Maroc a ratifié la Convention de New York du 12 décembre 1966, ratifiée le 8 novembre 1978 et publiée au Bulletin Officiel le 21 mai 1980, notamment son article 11 qui dispose qu’il n’est pas permis d’emprisonner une personne pour une dette résultant d’une obligation contractuelle, et que la Cour a justifié son refus de faire droit à ses demandes par le fait qu’elle ne peut se prévaloir des dispositions de ladite convention, alors que l’arrêt a violé l’article 11 de la convention internationale et que sa motivation est insuffisante et équivaut à un défaut de motivation, car le bénéficiaire d’une créance résultant d’une obligation contractuelle peut utiliser toutes les voies et moyens légaux qui lui sont offerts par la loi pour recouvrer sa créance par tous les moyens prévus pour l’exécution des jugements, et si cela porte ses fruits, il aura obtenu ce qu’il voulait, sinon cela signifie que le débiteur est en état d’insolvabilité et il peut alors être tenu de prouver son insolvabilité ou son absence d’insolvabilité.
Mais attendu que la Cour ayant rendu l’arrêt attaqué, lorsqu’elle a constaté que la demanderesse en cassation n’a produit aucune preuve de son incapacité de payer, a rejeté à bon droit ses moyens en considérant que « la demanderesse en cassation ne peut se prévaloir des dispositions de la Convention internationale relative aux droits de l’homme du 12 décembre 1966, ratifiée le 8 novembre 1978, que si elle prouve son incapacité d’exécuter son obligation contractuelle », ce qui rend son arrêt fondé en droit et le moyen non fondé.
Par ces motifs :
La Cour suprême a rejeté le pourvoi et condamné la demanderesse aux dépens.
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