Réf
19447
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
794
Date de décision
04/06/2008
N° de dossier
1382/3/2/2007
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Thème
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Représentation en justice, Qualité pour agir, Procédure civile, Mandataire non-avocat, Mandat spécial, Irrecevabilité, Injonction de payer, Enumération limitative, Cassation, Capacité à ester en justice
Base légale
Article(s) : 33 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Source
Non publiée
Viole l’article 33 du Code de procédure civile la cour d’appel qui, pour admettre la recevabilité de l’action, retient qu’une société commerciale a qualité pour représenter une créancière en justice au seul motif qu’elle dispose d’un mandat spécial, alors que cette faculté est exclusivement réservée aux personnes limitativement énumérées par ce texte, au nombre desquelles ne figure pas une société mandataire qui n’a pas la qualité d’avocat.
دعوة -التمثيل الأطراف أمام القضاة -شروط دلك
لا يمكن لمن لا يتمتع بحق الأطراف امام القضاة القضاء المرافعة إنابة عن الغير الى ادا كان زوجا او قريبا او من ورد ذكره في الفصل 33 من القانون المسطرة المدنية ولا ينطبق على دلك على الشركة الخاصة في رفع الدعوى باعتبارها وكيلة عن الدائنة بمقتضى توكيل خاص مادامت لا تتوفر فيها الشروط المنصوص عليها في الفصلين المذكور
القرار عدد794المؤرخ في 4/6/2008ملف تجاري عدد 1382/3/2/2007
باسم جلالة الملك وبعد المداولة طبقا للقانون
حيث يستفاد من اوراق الملف والقرار المطعون فيه المشار الى مراجعه اعلاه من المطلوبة في شركة ديوان التحصيل بصفتها وكيلة عن السيدة امال كاو تقدمت بتاريخ 2-5-07 بمقال أمام السيد رئيس المحكمة التجارية بفاس من اجل الأمر بأداء الطاعن مبلغ 150.000 درهم بمقتضى كمبيالة حالة الاجل بتاريخ 23-8-08 وان امر صدر وفق الطلب استئناف الطاعن وأيدته محكمة الاستئناف بمقتضى قرارها المطعون في شان وسيلة الأولى من نقض المتخدة من خرق المادة 33-ق م م وعلاقة من المادتين 31-32 من قانون مهنة المحاماة دلك ان القرار المطعون فيه رد الدفعة لخرق المادة33 من ق م م بعلة ان شركة ديوان التحصيل انها لم تكن هي الدائنة الأصلية المستفيدة الكمبيالة موضوع الأمر باداء الى انها تتفور على توكيل خاص من السيدة آمال كاو الدائنة الأصلية وان الأصل في حق المرافعة امام القضاء مكفول لخص نفسه من المادة33 استثناء من الأصل والدي ينحصر في المحامي والزوج و الأقارب والاسهار في الأصول والفروع والحواشي الى درجة التالثة من ادخال الغاية وان التطبيق السليم لهده المادة يجعل كل شخص خارج هدا التحديد غير دي صفة في تمثيل الأطراف امام المحاكم والمرافعة نيابة عنه ان المطلوبة بتقديمها لطلب الأمر بالأداء نيابة عن الدائنة الأصلية تكون قد رفعت أمام قاضي بعلة بأنها تتوفر على توكيل خاص يسمح لها بدلك وهو الشيء الدي منعته المادة33 من ق م م حقا حيث انه بمقتضى الفصل 33 فانه لايمكن لمن لا يتمتع بحق تمتيع الأطراف أمام القضاء ان يرافع نيابة عن الغير الا ادا كان زوجا او قريبا او صهرا من الأصول او الفروع او الحواشي من الدرجة 3 باد خال الغاية وان محكمة الاستئناف مصدرة القرار المطعون فيه التي اعتبرت صفة المطلوبة خاصة في شركة خاصة في رفع الدعوى باعتبارها وكيلة عن الدائنة بمقتضى توكيل خاص دون ان تكون متوفرة على احد الشروط المنصوص عليها في الفصل33 المذكور تكون قد طبقت قانونا تطبيقيا خاطا وعللت قضاءها تعليلا فاسدا ينزل منزلة انعدامه وعرضته للنقض
لهذه الأسباب
قضى المجلس بنقض القرار فيه واحالة القضية على نفس المحكمة لتبث فيها من جديد بهيئة أخرى طبقا للقانون وعلى المطلوبة الصائر كما قرر اتبات قراره هدا بسجلات المحكمة المصدرة له اتر القرار المطعون فيه او بتطرته وبه صدر القرار وتلي الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ المذكور أعلاه وبه صدر جلسات العادية بالمجلس الأعلى بالرباط وكانت الهيئة الحاكمة المتركبة من سادة رئيس الغرفة عبد الرحمان مزرو رئيسا ومستشارين ومليكة بن ديان رضوان ومقررا لطيفى رضا وحليمة بن مالك ومحمد بن زهرة وأعضاء وبمحضر السيد المحامي العام امحمد بلقسيوية بمساعدة كاتبة الضبط السيد خديجة شهام رئيس الغرفة مستشارة المقررة كاتبة الضبط
Arrêt n°794 du 4 juin 2008, dossier commercial n°1382/3/2/2007
Au nom de Sa Majesté le Roi,
Après délibération conformément à la loi,
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que la société Diwan de Recouvrement, en qualité de mandataire de Mme Amal Kao, a saisi le président du tribunal de commerce de Fès le 02/05/07 d’une requête aux fins d’ordonner au demandeur en cassation le paiement d’une somme de 150.000 dirhams sur la base d’une lettre de change échue le 23/08/08 ; qu’une ordonnance a été rendue conformément à cette demande, laquelle a été confirmée en appel par l’arrêt faisant l’objet du pourvoi ;
Sur le premier moyen de cassation tiré de la violation de l’article 33 du CPC, en relation avec les articles 31 et 32 de la loi régissant la profession d’avocat :
Le demandeur reproche à l’arrêt d’avoir rejeté l’exception de violation de l’article 33 du CPC au motif que la société Diwan de Recouvrement, n’étant pas le bénéficiaire initial de la lettre de change litigieuse, disposait cependant d’un mandat spécial délivré par la créancière originelle, Mme Amal Kao. Or, selon le demandeur, le droit de représentation devant les tribunaux est strictement réservé, en vertu de l’article 33 précité, aux avocats, aux conjoints, aux parents et alliés en ligne directe et collatérale jusqu’au troisième degré inclusivement. Tout représentant hors de cette énumération serait donc dépourvu de qualité pour représenter une partie en justice. En autorisant ainsi une société privée à agir sur la base d’un simple mandat spécial, la Cour d’appel aurait méconnu l’article 33 CPC et violé la loi, ce qui entache sa décision de nullité.
Mais attendu qu’en vertu de l’article 33 du CPC, nul ne peut représenter une partie devant les tribunaux sauf s’il est avocat, conjoint, parent ou allié en ligne directe ou collatérale jusqu’au troisième degré inclusivement ; que la Cour d’appel, en admettant la société Diwan de Recouvrement à agir en justice en tant que mandataire spécial de la créancière, sans satisfaire aux conditions impératives de représentation énumérées à l’article précité, a commis une erreur manifeste dans l’application de la loi, entachant sa décision d’un vice équivalent à une absence de motivation, ce qui justifie sa cassation.
Par ces motifs,
La Cour Suprême casse et annule l’arrêt attaqué et renvoie l’affaire devant la même juridiction autrement composée afin qu’elle statue de nouveau conformément à la loi. Condamne la défenderesse aux dépens et ordonne la mention du présent arrêt dans les registres de la juridiction ayant rendu la décision attaquée, en marge de celle-ci.
Ainsi jugé et prononcé en audience publique à la date précitée, en la salle ordinaire des audiences de la Cour suprême à Rabat, par la chambre composée de M. Abdelrahmane Mezouar, président, Mme Malika Bendiane (conseillère rapporteur), Mme Latifa Reda, Mme Halima Benmalek et M. Mohamed Benabid Benzahra, membres, en présence de l’avocat général M. Mohamed Belqassouia, assisté de la greffière Mme Khadija Chiham.
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