Réf
44523
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
670/2
Date de décision
09/12/2021
N° de dossier
2019/2/3/1668
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Thème
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Serment décisoire, Serment, Procédure civile, Paiement du loyer., Obligation de répondre aux conclusions, Mandat spécial, Droits de la défense, Droit à la preuve, Défaut de motifs, Cassation, Bail commercial
Source
Non publiée
Encourt la cassation pour violation des droits de la défense, l’arrêt de la cour d’appel qui, saisie de conclusions sollicitant, sur la base d’un mandat spécial, le déferrement du serment décisoire à la partie adverse sur un fait pertinent pour la solution du litige, omet de répondre à cette demande et de motiver sa décision de l’écarter.
محكمة النقض، الغرفة التجارية (القسم الثاني)، القرار عدد 2/670، الصادر بتاريخ 2021/12/09 في الملف التجاري عدد 2019/2/3/1668
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2019/07/22 من طرف الطالب المذكور أعلاه بواسطة نائبه الأستاذ محمد (ع.) والرامي الى نقض القرار رقم 1229 الصادر بتاريخ 2019/03/20 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء في الملف عدد 2019/8206/449.
وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها بالملف.
وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 1974/9/28 كما وقع تعديله وتتميمه.
وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر بتاريخ 2021/11/25.
وبناء على الإعلام بتعيين القضية بالجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 2021/12/09.
وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم.
وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر أحمد الموامي والاستماع الى ملاحظات المحامي العام السيد محمد صادق.
وبعد المداولة طبقا للقانون :
حيث يستفاد من وثائق الملف ومن القرار المطعون فيه، أن المطلوب عبد العزيز (ص.) تقدم بمقال إلى المحكمة التجارية بالرباط، عرض فيه أن الطالب هشام (ع.) يكتري منه المحل الكائن (…) بسومة شهرية قدرها 3000 درهم، وأنه امتنع عن أداء واجبات الكراء عن المدة من 2018/05/01 إلى متم شهر شتنبر 2018، فأنذره بتاريخ 2018/09/10 دون جدوى، ملتمسا الحكم بأدائه له مبلغ 15.000 درهم عن كراء المدة المذكورة وتعويض قدره 5000 درهم وفسخ عقد الكراء وإفراغه ومن يقوم مقامه أو بإذنه من المحل المكترى. وبعد استيفاء الإجراءات، أصدرت المحكمة التجارية الحكم القاضي: بأداء المدعى عليه لفائدة المدعي مبلغ 15.000 درهم عن كراء المدة من 2018/05/01 إلى متم شتنبر 2018 وتعويض عن المطل قدره 3500 درهم وبفسخ عقد الكراء وإفراغه ومن يقوم مقامه من المحل موضوع الدعوى. استأنفه المطلوب هشام (ع.)، وأدلى المستأنف عليه بطلب إضافي التمس بموجبه الحكم على المستأنف بأدائه لفائدته واجبات الكراء عن المدة اللاحقة ابتداء من 2018/10/01 إلى غاية 2019/02/28 بما مجموعه 15.000 درهم. فأصدرت محكمة الاستئناف التجارية القرار القاضي بتأييد الحكم المستأنف، وفي الطلب الإضافي بأداء المستأنف لفائدة المستأنف عليه مبلغ 15.000 درهم واجبات الكراء عن المدة من 2018/10/01 إلى غاية 2019/02/28 وهو القرار المطلوب نقضه.
في شأن الوسيلة الثانية :
حيث ينعى الطاعن على القرار الخرق الجوهري للإجراءات الشكلية التي لها تأثير على سير الدعوى وخرق حقوق الدفاع، ذلك أنه أدلى بتوكيل خاص من أجل توجيه اليمين الحاسمة للمطلوب من أجل تأكيد أو نفي واقعة حصوله على مبالغ الكراء، في حين أن المحكمة لم تجب على هذا الملتمس ولم تعلل استبعادها له ولم تناقشه أصلا مما يكون معه القرار المطعون فيه قد أضر بحقوقه.
حيث صح ما نعاه الطاعن على القرار ذلك أنه وبمقتضى مذكرة الرد المدلى بها بجلسة 2019/03/13 والمرفقة بتوكيل خاص لمحاميه التمس توجيه اليمين الحاسمة للمطلوب حول واقعة تسلمه لواجبات الكراء من عدمها، إلا أن المحكمة لم تناقشه رغم تضمينه بصلب قرارها وإرفاقه بتوكيل خاص على الرغم مما قد يكون له من تأثير على وجه قضائها. مما تكون معه قد خرقت المقتضيات المحتج به وعرضت قرارها للنقض.
وحيث إن حسن سير العدالة ومصلحة الطرفين يقتضيان إحالة الملف على نفس المحكمة للبت فيه من جديد طبقا للقانون./.
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض بنقض القرار المطعون فيه وإحالة الملف على نفس المحكمة المصدرة له للبت فيه من جديد طبقا للقانون وهي متركبة من هيئة أخرى وتحميل المطلوب المصاريف.
كما قررت إثبات حكمها هذا بسجلات المحكمة المصدرة له، اثر الحكم المطعون فيه أو بطرته.
Cour de cassation, Chambre commerciale (Section 2), Arrêt n° 670/2, rendu le 09/12/2021 dans le dossier commercial n° 1668/3/2/2019
Vu le pourvoi en cassation formé le 22/07/2019 par le demandeur susmentionné, par l’intermédiaire de son avocat Maître Mohamed (A.), tendant à la cassation de l’arrêt n° 1229 rendu le 20/03/2019 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca dans le dossier n° 449/8206/2019.
Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile du 28/09/1974, tel que modifié et complété.
Vu l’ordonnance de dessaisissement et de communication du 25/11/2021.
Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique tenue le 09/12/2021.
Vu l’appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.
Après la lecture du rapport par le conseiller rapporteur, M. Ahmed EL MOUAMI, et après avoir entendu les observations de l’avocat général, M. Mohamed SADEK.
Après en avoir délibéré conformément à la loi :
Il résulte des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que le défendeur au pourvoi, Abdelaziz (S.), a saisi le Tribunal de commerce de Rabat d’une requête exposant que le demandeur au pourvoi, Hicham (A.), lui loue le local sis à (…) moyennant un loyer mensuel de 3000 dirhams, et que ce dernier a cessé de payer les loyers pour la période allant du 01/05/2018 à la fin du mois de septembre 2018 ; qu’il l’a mis en demeure le 10/09/2018, en vain, sollicitant sa condamnation à lui payer la somme de 15.000 dirhams au titre des loyers pour ladite période, une indemnité de 5000 dirhams, ainsi que la résiliation du contrat de bail et son expulsion, ainsi que celle de tout occupant de son chef ou avec son autorisation, du local loué. Après accomplissement des formalités de procédure, le Tribunal de commerce a rendu un jugement condamnant le défendeur à payer au demandeur la somme de 15.000 dirhams au titre des loyers pour la période du 01/05/2018 à fin septembre 2018, ainsi qu’une indemnité pour retard de paiement de 3500 dirhams, et prononçant la résiliation du contrat de bail et son expulsion, ainsi que celle de tout occupant de son chef, du local objet du litige. Jugement dont le défendeur, Hicham (A.), a interjeté appel. L’intimé a formé une demande additionnelle par laquelle il a sollicité la condamnation de l’appelant à lui payer les loyers échus postérieurement, pour la période allant du 01/10/2018 au 28/02/2019, pour un montant total de 15.000 dirhams. La Cour d’appel de commerce a alors rendu l’arrêt confirmant le jugement entrepris et, statuant sur la demande additionnelle, a condamné l’appelant à payer à l’intimé la somme de 15.000 dirhams au titre des loyers pour la période du 01/10/2018 au 28/02/2019. C’est cet arrêt qui est l’objet du présent pourvoi en cassation.
Sur le deuxième moyen de cassation :
Le demandeur au pourvoi fait grief à l’arrêt d’une violation substantielle des règles de forme ayant une incidence sur le déroulement de l’instance et d’une violation des droits de la défense, en ce qu’il a produit un pouvoir spécial afin que le serment décisoire soit déféré au défendeur au pourvoi pour confirmer ou infirmer le fait d’avoir perçu les montants des loyers, tandis que la Cour n’a pas répondu à cette demande, n’a pas motivé son rejet et ne l’a nullement examinée, l’arrêt attaqué ayant de ce fait porté atteinte à ses droits.
Le moyen est fondé. En effet, par un mémoire en réponse déposé à l’audience du 13/03/2019, auquel était joint un pouvoir spécial donné à son avocat, le demandeur au pourvoi a sollicité que le serment décisoire soit déféré au défendeur au pourvoi sur le fait qu’il ait ou non perçu les loyers. Cependant, la Cour n’a pas examiné cette demande, bien que mentionnée dans le corps de son arrêt et accompagnée d’un pouvoir spécial, et ce, nonobstant l’incidence qu’elle aurait pu avoir sur l’issue du litige. Ce faisant, elle a violé les dispositions invoquées et a exposé son arrêt à la cassation.
Vu l’intérêt d’une bonne administration de la justice et l’intérêt des parties, il y a lieu de renvoyer l’affaire devant la même Cour pour qu’il y soit statué à nouveau, conformément à la loi.
Par ces motifs
La Cour de cassation casse et annule l’arrêt attaqué et renvoie l’affaire devant la même Cour qui l’a rendu, autrement composée, pour qu’il y soit statué à nouveau conformément à la loi, et condamne le défendeur au pourvoi aux dépens.
Décide que le présent arrêt sera transcrit sur les registres de la cour qui l’a rendu, en marge ou à la suite de l’arrêt attaqué.
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