Réf
43455
Juridiction
Cour d'appel de commerce
Pays/Ville
Maroc/Marrakech
N° de décision
649
Date de décision
08/04/2025
N° de dossier
2025/8225/430
Type de décision
Arrêt
Mots clés
Référé, Président du tribunal de commerce, Notification, Moyen de preuve, Expertise judiciaire, Droits de la défense, Contrat de construction, Adresse, Absence de préjudice
Base légale
Article(s) : 32 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Source
Non publiée
Par un arrêt confirmant une ordonnance de référé du Tribunal de commerce, la Cour d’appel de commerce juge qu’une mesure d’expertise ordonnée en référé ne constitue qu’une mesure d’instruction préparatoire qui ne cause en elle-même aucun grief à la partie défenderesse. Par conséquent, cette dernière ne peut utilement se prévaloir d’une éventuelle irrégularité dans sa convocation en première instance pour solliciter l’annulation de ladite ordonnance. La Cour retient en effet qu’une expertise n’est qu’un moyen de preuve dont la force probante pourra être contradictoirement débattue devant le juge du fond, si bien que le moyen tiré d’une violation des droits de la défense est inopérant. L’ordonnance qui prescrit une telle mesure, n’emportant aucune condamnation ni décision sur le fond du litige, doit ainsi être confirmée nonobstant le vice de procédure allégué. La Cour d’appel de commerce rappelle ainsi que le bien-fondé d’un recours contre une mesure d’instruction est subordonné à la démonstration d’un préjudice actuel et certain, lequel fait défaut s’agissant d’un simple rapport d’expertise.
بناء على مقالي الاستئناف و الامر المستأنف ومستنتجات الطرفين ومجموع الوثائق المدرجة بالملف.
وبناء على تقرير المستشار المقرر الذي لم تقع تلاوته بإعفاء من الرئيس وعدم معارضة الأطراف.
واستدعاء الطرفين لجلسة 2025/03/18
وتطبيقا لمقتضيات المادة 19 من قانون المحاكم التجارية والفصول 328 وما يليه و429 من قانون المسطرة المدنية.
وبعد المداولة طبقا للقانون.
**في الشكل**: حيث انه بمقتضى مقال مؤدى عنه بتاريخ 2025/03/11 استأنفت الطاعنة الامر الاستعجالي عدد 939 الصادر عن المحكمة التجارية الابتدائية بمراكش بتاريخ 2024/08/15 في الملف رقم 2024/8101/940 و القاضي باجراء خبرة.
حيث ان الاستئناف قدم بصفة نظامية صفة و اجلا و أداء مما يتعين معه قبوله من هذه الناحية.
**في الموضوع**: حيث يستفاد من مختلف أوراق الملف و الامر المطعون فيه انه بتاريخ 2024/08/01 تقدمت المستأنف عليها بطلب الى السيد رئيس المحكمة التجارية تعرض فيه انها تعاقدت مع الطاعنة من أجل انجاز اشغال بناء وحدة فندقية مع مطعم و غيرها على العقار ذي الرسم العقاري عدد 72713/43 المملوك لها بقيمة اجمالية قدرها 6801944.22 درهم تسلمت منه المستأنفة 1700400 درهم كدفعة أولى ثم تسلمت دفعة ثانية بمبلغ 850200 درهم بتاريخ 2024/03/29 الا انها امتنعت عن إتمام الاشغال رغم حلول الأجل المتفق عليه الذي هو 2024/08/01 و قد انذرتها من اجل إتمام الصفقة دون جدوى ملتمسة الأمر باجراء خبرة تقنية لتحديد الاشغال المنجزة ادراج الملف بجلسة 2024/08/07 تم حجز الملف للتأمل حيث صدر الأمر المطعون فيه .
استأنفته شركة (ك. ج. س.) متمسكة بان المستأنف عليها ضمنت بسوء نية عنوان غير عنوانها المضمن بالسجل التجاري و بالطلبيات الموقعة من الطرفين مما تعذر معه استدعاؤها بحيث رجع الاستدعاء بعبارة لا توجد بالعنوان و ان عدم تضمكبن العناوين الصحيحة للأطراف في المقال الافتتاحي هو خرق القاعدة مسطرية امرة جاء بها الفصل 32 من ق م م كما ان طلب اجراء خبرة اضحى غير ذي موضوع بعد صدور المقرر التحكيمي بتاريخ 2024/12/10 و المودع بكتابة الضبط لدى المحكمة التجارية بالرباط عدد 2024/33 و الذي انتهى الى ان المستأنفة دائنة للمستأنف عليها و ليس العكس ملتمسة الغاء الامر المطعون و الحكم تصديا بعدم قبول الطلب و جعل الصائر على المستأنف عليها و ادلت بنسخة امر و صورة نموذج ج و عرض طلبيات و مقرر تحكيمي مع ما يفيد تبليغه .
و ادرج الملف بجلسة 2025/03/18 تخلفت المستأنف عليها رغم التوصل فتقرر اعتبار القضية جاهزة للمداولة لجلسة 2025/04/08.
**محكمة الاستئناف**
و حيث انه خلافا لما تمسكت به المستأنفة من خرق الأمر المطعون فيه لحقوق الدفاع باعتبار ان الاستدعاء وجه اليها عنوان غير عنوانها المضن بالسجل التجاري و بعرض الطلبيات فانه بالرجوع الى وثائق الملف يتبين ان الاستدعاء الموجه الى المستأنفة بالعنوان الكائن برقم 583 بلبكار مراكش رجع بعبارة انتقلت من العنوان و ليس غير متواجدة بالعنوان كما تمسكت بذلك في الوسيلة هذا فضلا على ان الامر باجراء خبرة لم يلحق أي ضرر بالمستأنفة على اعتبار ان الخبرة المنجزة في اطار الأمر المذكور لا تعدو ان تكون وسيلة اثبات يمكن مناقشة حجيتها عند مواجهة المستأنفة بمضمونها مما يبقى معه الأمر المستأنف مصادفا للصواب و جديرا بالتأييد.
**لهذه الأسباب**
فإن محكمة الاستئناف التجارية بمراكش وهي تبت انتهائيا حضوريا وعلنيا.
في الشكل: بقبول الاستئناف .
في الجوهر : بتأييد الأمر المستأنف و تحميل المستأنفة الصائر.
وبهذا صدر القرار في اليوم والشهر والسنة أعلاه بنفس الهيئة التي شاركت في المناقشة.
الرئيس
المستشار المقرر
كاتب الضبط
Vu les mémoires d’appel, l’ordonnance attaquée, les conclusions des parties et l’ensemble des documents versés au dossier.
Vu le rapport du conseiller rapporteur, dont la lecture a été dispensée par le président, sans opposition des parties.
Les parties ayant été convoquées à l’audience du 18/03/2025.
En application des dispositions de l’article 19 de la loi relative aux tribunaux de commerce et des articles 328 et suivants et 429 du Code de procédure civile.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
En la forme : Attendu que par requête timbrée en date du 11/03/2025, la requérante a interjeté appel de l’ordonnance de référé numéro 939 rendue par le Tribunal de commerce de première instance de Marrakech en date du 15/08/2024 dans le dossier numéro 2024/8101/940, ordonnant une expertise.
Attendu que l’appel a été interjeté de manière régulière quant à la qualité, aux délais et au paiement, il convient donc de le recevoir de ce chef.
Au fond : Attendu qu’il ressort des différents documents du dossier et de l’ordonnance attaquée qu’en date du 01/08/2024, l’intimée a présenté une requête à Monsieur le Président du Tribunal de commerce exposant qu’elle a contracté avec la requérante pour la réalisation de travaux de construction d’une unité hôtelière avec restaurant et autres sur le bien immobilier immatriculé sous le numéro 72713/43 lui appartenant, pour une valeur totale de 6 801 944,22 dirhams, dont la requérante a reçu 1 700 400 dirhams à titre d’avance, puis une deuxième avance d’un montant de 850 200 dirhams en date du 29/03/2024, mais qu’elle a refusé d’achever les travaux malgré l’expiration du délai convenu, qui est le 01/08/2024, et qu’elle l’a mise en demeure d’achever la transaction sans succès, demandant qu’une expertise technique soit ordonnée pour déterminer les travaux réalisés, le dossier ayant été inscrit à l’audience du 07/08/2024, puis mis en délibéré, ce qui a abouti à l’ordonnance attaquée.
La société (K. J. S.) a fait appel, faisant valoir que l’intimée a sciemment indiqué une adresse différente de celle figurant au registre du commerce et sur les bons de commande signés par les deux parties, ce qui a rendu sa convocation impossible, le courrier étant retourné avec la mention « n’existe pas à l’adresse », et que le fait de ne pas inclure les adresses correctes des parties dans la requête introductive d’instance constitue une violation d’une règle de procédure impérative prévue par l’article 32 du Code de procédure civile, et que la demande d’expertise est devenue sans objet après le prononcé de la sentence arbitrale en date du 10/12/2024, déposée au greffe du Tribunal de commerce de Rabat sous le numéro 2024/33, qui a conclu que la requérante est créancière de l’intimée et non l’inverse, demandant l’annulation de l’ordonnance attaquée et, statuant à nouveau, le rejet de la demande et la condamnation de l’intimée aux dépens, et a produit une copie de l’ordonnance, une photocopie du modèle J, des copies de bons de commande et une sentence arbitrale avec justificatif de sa notification.
Le dossier a été inscrit à l’audience du 18/03/2025, l’intimée n’ayant pas comparu malgré sa convocation, il a été décidé de considérer l’affaire comme étant en état d’être délibérée pour l’audience du 08/04/2025.
La Cour d’appel
Attendu que, contrairement à ce que soutient la requérante, l’ordonnance attaquée ne viole pas les droits de la défense, étant donné que la convocation lui a été adressée à une adresse différente de celle figurant au registre du commerce et sur les bons de commande, il ressort des documents du dossier que la convocation adressée à la requérante à l’adresse située au numéro 583 Belbkkar Marrakech est revenue avec la mention « a déménagé de l’adresse » et non « n’existe pas à l’adresse » comme elle l’a soutenu dans son moyen, de plus, l’ordonnance ordonnant une expertise n’a causé aucun préjudice à la requérante, étant donné que l’expertise réalisée dans le cadre de ladite ordonnance n’est qu’un moyen de preuve dont la force probante peut être contestée lorsque la requérante est confrontée à son contenu, ce qui confirme que l’ordonnance attaquée est bien fondée et mérite d’être confirmée.
Par ces motifs
La Cour d’appel de commerce de Marrakech, statuant en dernier ressort, publiquement et contradictoirement.
En la forme : Reçoit l’appel.
Au fond : Confirme l’ordonnance attaquée et condamne l’appelante aux dépens.
Ainsi rendu et prononcé le jour, mois et an susdits par la même formation qui a participé aux débats.
Le Président
Le Conseiller rapporteur
Le Greffier
33985
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26/01/2017
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