L’appel contre une ordonnance de référé refusant la suspension de l’exécution devient sans objet lorsque cette suspension est accordée par une ordonnance ultérieure.

Réf : 43447

Identification

Réf

43447

Juridiction

Cour d'appel de commerce

Pays/Ville

Maroc/Marrakech

N° de décision

414

Date de décision

26/02/2025

N° de dossier

2025/8225/137

Type de décision

Arrêt

Abstract

Base légale

Article(s) : 19 - Dahir n° 1-97-65 du 4 kaada 1417 (12 février 1997) portant promulgation de la loi n° 53-95 instituant des juridictions de commerce
Article(s) : 328 - 429 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)

Source

Non publiée

Résumé en français

Confirmant une ordonnance de référé du Tribunal de commerce, la Cour d’appel de commerce statue sur le sort d’un appel devenu sans objet en cours d’instance. Un appel avait été interjeté contre le rejet d’une demande en référé visant à surseoir à l’exécution d’une saisie sur des biens mobiliers, dans l’attente de l’issue d’une action en revendication portant sur lesdits biens. Il ressort cependant des débats que, postérieurement à l’ordonnance querellée, l’appelant a obtenu, par une nouvelle instance en référé, une décision faisant droit à sa demande de suspension. La cour en déduit que l’obtention de la mesure sollicitée par une autre voie procédurale prive l’appel initial de son objet. Dès lors, l’appel, étant devenu sans intérêt pour son auteur, doit être rejeté et l’ordonnance entreprise confirmée, non pour ses motifs initiaux, mais en raison de la disparition de l’objet du litige en cause d’appel, le jugeant ainsi non avenu.

Texte intégral

بناء على مقال الاستئناف والحكم المستأنف ومستنتجات الطرفين ومجموع الوثائق المدرجة بالملف.

وبناء على تقرير المستشار المقرر الذي لم تقع تلاوته بإعفاء من الرئيس وعدم معارضة الأطراف.

واستدعاء الطرفين لجلسة 2025/02/19

وتطبيقا لمقتضيات المادة 19 من قانون المحاكم التجارية والفصول 328 وما يليه و 429 من قانون المسطرة المدنية.

وبعد المداولة طبقا للقانون.

**في الشكل**: حيث انه بمقتضى مقال مسجل ومؤدى عنه بتاريخ 2025/12/21 استأنفت (شركة (ا. ا. ت.)) الامر الاستعجالي رقم 1274 الصادر عن السيدة نائبة رئيس Tribunal de commerce de Marrakech بتاريخ 2024/12/04 في الملف رقم 2024/8109/1228 والقاضي برفض الطلب وتحميل المدعي الصائر.

حيث قدم الاستئناف بصفة نظامية فكان مقبولا شكلا.

**في الموضوع**: يستفاد من اوراق الملف ان المدعية (شركة (ا. ا. ت.)) تقدمت بمقال استعجالي مؤدى عنه بتاريخ 2024.10.31 تعرض فيه ان المدعى عليه الثاني (البنك (ش. م. ب. م.)) سلك مسطرة التنفيذ في مواجهة المدعى عليها الأولى (شركة (ت. س.)) بخصوص الامر بالأداء الصادر في الملف 2024/8102/771 في إطار الملف تنفيذي عدد 2023.8102.126، وانه تم إجراء حجز تنفيذي على عن المعدات والآليات المملوكة لها التي سبق لها ان قامت بكرائها للمدعى عليها الأولى بموجب عقد كراء مؤرخ ب 2020.12.28. كما انها تقدمت بدعوى استحقاق المنقولات الى Tribunal de commerce de Marrakech بموجب الملف عدد 2024.8232.3511 ملتمسة تأجيل إجراءات بيع المنقولات المحجوزة موضوع الملف التنفيذي الى حين البت في دعوى الاستحقاق. وادلت بصور من امر وعقد وسجل تجاري ومحضر حجز ومقال استحقاق. وأجاب المدعى عليه الثاني بان المدعية لم توجه دعواها ضد رئيس كتابة ضبط Tribunal de commerce de Marrakech. ولم تدل بما يفيد تملكها للمنقولات المحجوزة. واجابت المدعى عليها الأولى بانها طعنت بالتعرض في الأمر بالأداء في الملف عدد 2023.8216.3751 صدر فيه حكم بتاريخ 2024.02.13 بتأييد الأمر بالأداء، فطعنت فيه بالاستئناف فايد بمقتضى القرار الاستئنافي الذي طعنت فيه بالنقض. ملتمسة الحكم وفق الطلب.

وبعد حجز الملف للتأمل صدر الأمر المطعون فيه المشار اليه أعلاه.

ملف رقم: 2025/8225/137

وقد استأنفته الطاعنة (شركة (ا. ا. ت.)) وبعد عرض موجز الوقائع ركزت اوجه استئنافها في نقضان التعليل وفساده الموازي لانعدامه. ذلك ان طلبها جاء مبررا بوثائق حاسمة. وأنها تدلي بنسخة من الحكم الصادر في الملف عدد 2024/8232/3511 بتاريخ 2024/12/24 القاضي باستحقاقها للمنقولات المحجوزة في إطار الملف التنفيذي عدد 2024/8510/126. ملتمسة الغاء الامر المستأنف والحكم وفق الطلب. وادلت بنسخة من الأمر المطعون فيه، حكم، فواتير وبونات التسليم.

وادلت المستأنف عليها الأولى بجواب التمست فيه الحكم وفق المقال الاستئنافي.

وادلى المستأنف عليه الثاني بجواب جاء فيه ان المستأنفة تقدمت بنفس الطلب الحالي واستصدرت امرا استعجاليا تحت عدد 165 بتاريخ 2025/02/12 في الملف 2025/8109/108 صرح بوجود صعوبة في التنفيذ وامر بتأجيل إجراءات التنفيذ الى حين صيرورة الحكم رقم 3821 في الملف رقم 2024/8232/3511 نهائيا. وبذلك يبقى الاستئناف دون موضوع. ملتمسا عدم قبول الاستئناف.

وادرجت القضية بجلسة 2025/02/19 فتقرر حجزها للمداولة بجلسة 2025/02/26.

محكمة الاستئناف

حيث ثبت من الاطلاع على وثائق الملف ان المستأنفة تقدمت بنفس الطلب واستصدرت الامر الاستعجالي عدد 165 بتاريخ 2025/02/12 في الملف 2025/8109/108 صرح بوجود صعوبة في التنفيذ وامر بتأجيل إجراءات التنفيذ الى حين صيرورة الحكم رقم 3821 في الملف رقم 2024/8232/3511 نهائيا. ولما هذا الامر الاستعجالي قد استجاب لطلب المستأنفة بعد صدور الامر المستأنف، فإن الاستئناف أصبح غير ذي موضوع مما يستوجب رده وتأييد الامر المستأنف.

لهذه الأسباب

فإن Cour d’appel de commerce de Marrakech وهي تبت علنيا انتهائيا وحضوريا:

في الشكل: بقبول الاستئناف

في الجوهر: بتأييد الأمر المستأنف مع تحميل المستأنفة الصائر.

وبهذا صدر القرار في اليوم والشهر والسنة أعلاه بنفس الهيئة التي شاركت في المناقشة.

الرئيس

المستشار المقرر

كاتب الضبط

Version française de la décision

Vu le mémoire d’appel, le jugement attaqué, les conclusions des parties et l’ensemble des documents versés au dossier.

Vu le rapport du conseiller rapporteur dont la lecture a été dispensée par le président, sans opposition des parties.

Et la convocation des parties à l’audience du 2025/02/19

En application des dispositions de l’article 19 de la loi sur les tribunaux de commerce et des articles 328 et suivants et 429 du Code de procédure civile.

Après délibération conformément à la loi.

**En la forme**: Attendu que, par requête enregistrée et timbrée le 2025/12/21, (societe (A. A. T.)) a interjeté appel de l’ordonnance de référé n° 1274 rendue par Madame la vice-présidente du Tribunal de commerce de Marrakech, en date du 2024/12/04, dans le dossier n° 2024/8109/1228, qui a statué en rejetant la demande et en condamnant le demandeur aux dépens.

Attendu que l’appel a été interjeté en la forme régulière et est donc recevable.

**Au fond**: Il ressort des pièces du dossier que la demanderesse (societe (A. A. T.)) a déposé une requête en référé timbrée le 2024.10.31, exposant que le défendeur en second (Banque (Ch. M. B. M.)) a engagé une procédure d’exécution à l’encontre de la défenderesse en premier (societe (T. S.)) concernant l’ordonnance d’injonction de payer rendue dans le dossier 2024/8102/771 dans le cadre du dossier d’exécution n° 2023.8102.126, et qu’une saisie-exécution a été pratiquée sur le matériel et les équipements lui appartenant, qu’elle avait précédemment loués à la défenderesse en premier en vertu d’un contrat de location daté du 2020.12.28. Elle a également intenté une action en revendication de meubles auprès du Tribunal de commerce de Marrakech en vertu du dossier n° 2024.8232.3511, sollicitant le report des mesures de vente des meubles saisis objet du dossier d’exécution jusqu’à ce qu’il soit statué sur l’action en revendication. Elle a produit des copies d’ordonnance, de contrat, de registre de commerce et de procès-verbal de saisie et de requête en revendication. Le défendeur en second a répondu que la demanderesse n’a pas dirigé son action contre le chef du greffe du Tribunal de commerce de Marrakech. Elle n’a pas non plus produit d’éléments prouvant qu’elle était propriétaire des meubles saisis. La défenderesse en premier a répondu qu’elle avait formé opposition à l’ordonnance d’injonction de payer dans le dossier n° 2023.8216.3751, dans lequel un jugement a été rendu le 2024.02.13 confirmant l’ordonnance d’injonction de payer, qu’elle a attaqué par appel, qui a été confirmé par la décision d’appel, qu’elle a attaquée par un pourvoi en cassation. Elle sollicite qu’il soit statué conformément à la demande.

Après mise en délibéré du dossier, l’ordonnance attaquée susmentionnée a été rendue.

Dossier n°: 2025/8225/137

La requérante (societe (A. A. T.)) a interjeté appel et, après un bref exposé des faits, a concentré ses moyens d’appel sur la contradiction du motif et son vice assimilable à son absence. En effet, sa demande était justifiée par des documents décisifs. Elle produit une copie du jugement rendu dans le dossier n° 2024/8232/3511 en date du 2024/12/24 qui dispose qu’elle est propriétaire des meubles saisis dans le cadre du dossier d’exécution n° 2024/8510/126. Elle sollicite l’annulation de l’ordonnance attaquée et qu’il soit statué conformément à la demande. Elle a produit une copie de l’ordonnance attaquée, du jugement, des factures et des bons de livraison.

La première intimée a produit une réponse demandant qu’il soit statué conformément au mémoire d’appel.

Le second intimé a produit une réponse indiquant que la requérante a présenté la même demande actuelle et a obtenu une ordonnance de référé sous le numéro 165 en date du 2025/02/12 dans le dossier 2025/8109/108 qui a déclaré l’existence d’une difficulté d’exécution et a ordonné le report des mesures d’exécution jusqu’à ce que le jugement n° 3821 dans le dossier n° 2024/8232/3511 devienne définitif. Par conséquent, l’appel reste sans objet. Il sollicite le rejet de l’appel.

L’affaire a été inscrite à l’audience du 2025/02/19, puis il a été décidé de la mettre en délibéré à l’audience du 2025/02/26.

Cour d’appel

Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces du dossier que la requérante a présenté la même demande et a obtenu l’ordonnance de référé n° 165 en date du 2025/02/12 dans le dossier 2025/8109/108 qui a déclaré l’existence d’une difficulté d’exécution et a ordonné le report des mesures d’exécution jusqu’à ce que le jugement n° 3821 dans le dossier n° 2024/8232/3511 devienne définitif. Etant donné que cette ordonnance de référé a fait droit à la demande de la requérante après le prononcé de l’ordonnance attaquée, l’appel est devenu sans objet, ce qui justifie son rejet et la confirmation de l’ordonnance attaquée.

Par ces motifs

La Cour d’appel de commerce de Marrakech, statuant publiquement, définitivement et en présence des parties :

En la forme : Reçoit l’appel.

Au fond : Confirme l’ordonnance attaquée, avec condamnation de l’appelante aux dépens.

Ainsi rendu et prononcé le jour, mois et an susdits par la même formation qui a participé aux débats.

Le président
Le conseiller rapporteur
Le greffier

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