Composition de la cour d’appel de commerce : la violation de la règle de collégialité à trois juges est une cause de nullité d’ordre public (Cass. com. 2020)

Réf : 45037

Identification

Réf

45037

Juridiction

Cour de cassation

Pays/Ville

Maroc/Rabat

N° de décision

397/3

Date de décision

28/10/2020

N° de dossier

2020/3/3/641

Type de décision

Arrêt

Chambre

Commerciale

Abstract

Base légale

Article(s) : 7 - Dahir portant loi n° 1-74-338 du 24 joumada II 1394 (15 juillet 1974) fixant l’organisation judiciaire du Royaume
Article(s) : 345 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Article(s) : 4 - Dahir n° 1-97-65 du 4 kaada 1417 (12 février 1997) portant promulgation de la loi n° 53-95 instituant des juridictions de commerce

Source

Non publiée

Résumé en français

Il résulte des dispositions combinées de l'article 7 du dahir du 15 juillet 1974 portant organisation judiciaire, de l'article 345 du code de procédure civile et de l'article 4 de la loi n° 53-95 instituant les juridictions de commerce, que les cours d'appel de commerce tiennent leurs audiences et rendent leurs décisions par un collège de trois juges. Viole ces dispositions, qui sont d'ordre public, la cour d'appel de commerce qui rend un arrêt alors que sa formation de jugement n'est composée que de deux juges.

Texte intégral

محكمة النقض، الغرفة التجارية القسم الثالث، القرار عدد 3/397، الصادر بتاريخ 2020/10/28 في الملف التجاري عدد 2020/3/3/641

بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2019/11/14 من طرف الطالب المذكور أعلاه بواسطة نائبه الأستاذ محمد (م.) الرامي إلى نقض القرار رقم 2468 الصادر بتاريخ 2019/05/23 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء في الملف عدد: 2017/8205/1770.

و بناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف.

و بناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974 كما وقع تعديله وتتميمه.

و بناء على الأمر بالتخلي الصادر في : 2020/10/07.

و بناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ : 2020/10/28.

و بناء على المناداة على الطرفين و من ينوب عنهما وعدم حضورهم.

و بعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد محمد الصغير والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد عبد العزيز أوبايك.

و بعد المداولة طبقا للقانون:

حيث يؤخذ من وثائق الملف والقرار المطعون فيه أن الطالب حسن (ر.) تقدم بتاريخ 2015/10/12 بمقال أمام المحكمة التجارية بالدار البيضاء عرض فيه ، أنه شريك بالنصف مع المطلوب ازيار (ع.) بالمحليين التجاريين المتواجدين بمدينة برشيد. غير أن المدعى عليه رفض إجراء محاسبة معه بخصوص دخولهما . والتمس الحكم عليه بأن يؤدي له مبلغ 5000،00 درهم كتسبيق عن نصيبه في الأرباح ، وإجراء محاسبة بينهما بشأن ذلك منذ سنة 1992، بعد إجراء خبرة حسابية . فقضت المحكمة التجارية تمهيديا باجراء خبرة ، ثم حكمت قطعيا بأداء المدعى عليه للمدعي مبلغ 277,000،00 درهم نصيبه في أرباح المحلين منذ سنة 2000 إلى غاية ماي 2016 ورفض باقي الطلبات . استأنفه الطرفان ، فقضت محكمة الاستئناف التجارية بتعديله بحصر المبلغ المحكوم به في 117.195،00 درهما ، بموجب قرارها المطلوب نقضه.

في شأن السبب المثار تلقائيا من طرف محكمة النقض لتعلقه بالنظام العام :

حيث إنه بمقتضى الفصل السابع من ظهير 1974/07/15 المتعلق بالتنظيم القضائي للمملكة ، والفصل 345 من قانون المسطرة المدنية ، وكذا المادة الرابعة من القانون رقم 95/53 المحدث للمحاكم التجارية ، تعقد محاكم الاستئناف التجارية جلساتها، وتصدر قراراتها من قضاة ثلاثة، ويجب أن ينص في القرار على أسماء القضاة الذين شاركوا فيه، وهو ما يعني أن عدد القضاة الذين تصدر القرارات باسمهم يجب ألا يقل عن ثلاثة . وبالرجوع إلى محاضر الجلسات خصوصا جلسة 2019/05/02 يلفى أن الهيئة التي ناقشت القضية وحجزتها للمداولة لجلسة 2019/05/16 ومددتها لجلسة 2019/05/23 وهي التي أصدرت القرار المطعون فيه كانت مشكلة فقط من قاضيين وهما السيد يونس العيدوني، وخالد شقير، مما يكون معه قد صدر مخالفا لما هو مقرر بالمقتضيات المنوه عنها، لذا يتوجب التصريح بنقضه .

وحيث إن حسن سير العدالة ومصلحة الطرفين يقتضيان إحالة القضية على نفس المحكمة .

لهذه الأسباب

قضت محكمة النقض بنقض القرار المطعون فيه وتحميل المطلوبين المصاريف وإحالة الملف الى نفس المحكمة التي أصدرته للبت فيه من جديد طبقا للقانون وهي متركبة من هيئة أخرى.

Version française de la décision

Cour de cassation, Chambre commerciale, Troisième section, Arrêt n° 3/397, rendu le 28/10/2020 dans le dossier commercial n° 2020/3/3/641

Vu le pourvoi en cassation formé le 14/11/2019 par le demandeur susmentionné, par l'intermédiaire de son avocat Maître Mohamed (M.), tendant à la cassation de l'arrêt n° 2468 rendu le 23/05/2019 par la Cour d'appel de commerce de Casablanca dans le dossier n° 2017/8205/1770.

Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile du 28 septembre 1974, tel que modifié et complété.
Vu l'ordonnance de clôture en date du : 07/10/2020.
Vu la notification de la fixation de l'affaire à l'audience publique tenue le : 28/10/2020.
Vu l'appel des parties et de leurs représentants et leur défaut de comparution.
Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Mohamed Sghir, et après avoir entendu les observations de l'avocat général, Monsieur Abdelaziz Oubaik.

Après en avoir délibéré conformément à la loi :

Attendu qu'il résulte des pièces du dossier et de l'arrêt attaqué que le demandeur, Monsieur Hassan (R.), a saisi le 12/10/2015 le Tribunal de commerce de Casablanca d'une requête dans laquelle il a exposé être associé à hauteur de la moitié avec le défendeur, Monsieur Aziar (A.), dans deux locaux commerciaux situés dans la ville de Berrechid. Toutefois, le défendeur a refusé de procéder à une reddition de comptes concernant leurs revenus. Il a sollicité la condamnation de ce dernier à lui verser la somme de 5 000,00 dirhams à titre d'avance sur sa part des bénéfices, et l'organisation d'une reddition de comptes entre eux portant sur la période depuis 1992, après la réalisation d'une expertise comptable. Le Tribunal de commerce a, par jugement avant dire droit, ordonné une expertise, puis a, par jugement définitif, condamné le défendeur à payer au demandeur la somme de 277 000,00 dirhams au titre de sa part dans les bénéfices des deux locaux pour la période allant de l'année 2000 jusqu'à mai 2016, et a rejeté le surplus des demandes. Les deux parties ont interjeté appel de ce jugement. La Cour d'appel de commerce l'a modifié, en limitant le montant de la condamnation à la somme de 117 195,00 dirhams, par son arrêt objet du présent pourvoi.

Sur le moyen relevé d'office par la Cour de cassation, tiré de la violation de l'ordre public :

Attendu qu'en vertu des dispositions de l'article 7 du Dahir du 15 juillet 1974 relatif à l'organisation judiciaire du Royaume, de l'article 345 du Code de procédure civile, ainsi que de l'article 4 de la loi n° 53-95 portant création des tribunaux de commerce, les cours d'appel de commerce tiennent leurs audiences et rendent leurs arrêts collégialement, par trois magistrats, et que l'arrêt doit mentionner les noms des magistrats qui y ont participé, ce qui signifie que le nombre de magistrats au nom desquels les arrêts sont rendus ne doit pas être inférieur à trois. Or, il ressort des procès-verbaux d'audience, et notamment de celui de l'audience du 02/05/2019, que la formation de jugement qui a instruit l'affaire, l'a mise en délibéré pour l'audience du 16/05/2019, puis a prorogé le délibéré à l'audience du 23/05/2019 à laquelle elle a rendu l'arrêt attaqué, n'était composée que de deux magistrats, à savoir Messieurs Younes El Aidouni et Khalid Chqir, de sorte que ledit arrêt a été rendu en violation des dispositions précitées. Il convient par conséquent de prononcer sa cassation.

Attendu que la bonne administration de la justice et l'intérêt des parties commandent le renvoi de l'affaire devant la même cour.

PAR CES MOTIFS

La Cour de cassation casse l'arrêt attaqué, condamne les défendeurs aux dépens et renvoie le dossier devant la même cour qui l'a rendu pour qu'il y soit statué à nouveau, conformément à la loi, par une formation autrement composée.

Ainsi rendu et lu en audience publique tenue à la date susmentionnée, en la salle d'audiences ordinaires de la Cour de cassation à Rabat, la formation de jugement étant composée de Monsieur Abdelilah Hanine, Président de chambre, en qualité de Président, et de Messieurs les conseillers : Mohamed Sghir, en qualité de rapporteur, Mohamed Ouazzani Taybi, Abdelilah Aboulaiyad et Hicham El Abboudi, en qualité de membres, en présence de l'avocat général, Monsieur Abdelaziz Oubaik, et avec l'assistance du greffier, Monsieur Nabil El Kabli.

Signatures :

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