Réf
44494
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
577/2
Date de décision
11/11/2021
N° de dossier
2019/2/3/1230
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Rejet, Refus d’ordonner une enquête, Procédure civile, Privation de jouissance, Pouvoir souverain d’appréciation du juge, Mesure d'instruction, Inutilité de la mesure, Enquête, Dommages-intérêts, Bail, administration de la preuve
Base légale
Article(s) : 71 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Article(s) : 443 - Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) formant Code des obligations et des contrats
Source
Non publiée
En vertu de l’article 71 du Code de procédure civile, le juge du fond n’est pas tenu de faire droit à une demande de mesure d’instruction, telle qu’une enquête, s’il estime qu’elle n’est pas utile à la solution du litige. Par conséquent, justifie légalement sa décision la cour d’appel qui, saisie d’une demande en dommages-intérêts pour privation de jouissance, refuse d’ordonner une enquête par témoins sollicitée par le preneur pour prouver l’absence de manquement à son obligation de paiement, dès lors que l’appréciation du montant de l’indemnisation relève de son pouvoir souverain et rend sans pertinence la mesure sollicitée.
محكمة النقض، الغرفة التجارية، القرار عدد 2/577، المؤرخ في 2021/11/11، ملف تجاري عدد 2019/2/3/1230
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2019.04.19 من طرف الطالبين المذكورين اعلاه بواسطة نائبهما الأستاذ الصديق (أ.) الرامي الى نقض القرار رقم : 5687 الصادر عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء بتاريخ 2018.12.03 في الملف رقم 2018.8206.4936
وبناء على الأوراق الاخرى المدلى بها في الملف.
وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في : 1974.9.28.
وبناء على الأمر بالتخلي والابلاغ الصادر في : 2021/10/28.
وبناء على الاعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ : 2021/11/11.
وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم .
وبعد تلاوة التقرير من طرف القاضي المقرر السيد حسن سرار والاستماع الى المحامي العام السيد محمد صادق.
وبعد المداولة وطبقا للقانون.
حيث يستفاد من مستندات الملف، ومن القرار المطعون فيه أن المطلوب في النقض محمد (ش.) تقدم بواسطة نائبة بتاريخ 2018.03.14 بمقال أمام المحكمة التجارية بالدار البيضاء عرض فيه ان المدعى عليهما طارق (ح.) ومحمد (ط.) يكتريان منه بمقتضى عقد الكراء المؤرخ في 2016.10.19 قطعة أرضية مساحتها 200 متر مربع بسومة شهرية قدرها 1500 درهم من أجل تجارة الزليج والرخام وأن عقد الكراء تضمن شرطا فاسخا مفاده أن عدم أداء واجب كراء شهرين يترتب عنه فسخ عقد الكراء وأنهما امتنعا عن أداء كراء المدة من شهر نونبر 2017 إلى يناير 2018 رغم إنذارهما ملتمسا الحكم بأدائهما تضامنا بينهما مبلغ 5000 درهم تعويضا عن الضرر الناتج عن حرمانه من استغلال القطعة الأرضية وبإفراغهما هما ومن يقوم مقامها من تحت طائلة غرامة تهديدية قدرها 1000 درهم عن كل يوم امتناع عن التنفيذ وبعد جواب المدعى عليهما واستكمال الإجراءات أصدرت المحكمة التجارية حكما بإفراغ المدعى عليهما هما ومن يقوم مقامهما من القطعة الأرضية المكراة لهما وبرفض باقي الطلبات استأنفه المدعى عليهما استئنافا أصليا والمدعي استئنافا فرعيا وبعد تقديم المطلوب في النقض المقال إصلاحي من أجل إصلاح الخطأ الوارد في مساحة القطعة الأرضية بجعلها 200 متر مربع وليس 20 متر قضت محكمة الاستئناف برد الاستئناف الأصلي وباعتبار الاستئناف الفرعي وإلغاء الحكم المستأنف فيما قضى به من رفض طلب التعويض والحكم من جديد بأداء طارق (ح.) ومحمد (ط.) لفائدة محمد (ش.) مبلغ 5000 درهم وتأييده في الباقي وبإصلاح الخطأ المادي الواقع بمنطوق الحكم المستأنف بجعل مساحة القطعة الأرضية المحكوم بإفراغها محددة في 200 متر مربعا بدلا من 20 متر مربعا، وهو القرار المطلوب نقضه.
في شأن الوسيلة الفريدة :
حيث يعيب الطاعنان القرار بنقصان التعليل الموازي لانعدامه بدعوى أنهما تمسكا أمام المحكمة المصدرة له بإجراء بحث لنفي التماطل في أداء الكراء بشهادة الشهود إلا أنها قضت بأدائهما تعويضا لفائدة المطلوب في النقض ورفضت إجراء بحث والاستماع إلى الشهود بشأن الواقعة المذكورة بعلة أنها غير ملزمة بالاستجابة لطلب إجراء بحث كلما طلب الأطراف ذلك، بالرغم من أن المجال التجاري يعتمد حرية الإثبات بكافة الوسائل وأن رفضها لطلب إجراء بحث يجعل قرارها معللا تعليلا ناقصا مما يعرضه للنقض.
لكن حيث انه بمقتضى الفصل الفصل 71 من قانون المسطرة المدنية فإن المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه غير ملزمة بالاستجابة لطلب إجراء بحث متى رأت أنه غير مفيد في تحقيق الدعوى، وأن في وثائق الملف ما يكفي للبت فيها خاصة وأن ما قضت به لا يتعلق بأداء واجبات كراء المحل موضوع النزاع يمكن إثباته بشهادة الشهود عملا بمقتضيات الفصل 443 من قانون الالتزامات والعقود وإنما بتعويض عن الحرمان من استغلاله يخضع لسلطتها التقديرية في تحديده فأتى بذلك قرارها معللا بما يكفي لتبريره وما بالوسيلة غير جدير بالاعتبار ./.
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض برفض الطلب ، وتحميل الطالب الصائر.
Cour de cassation, Chambre commerciale, Arrêt n° 2/577, en date du 11/11/2021, Dossier commercial n° 2019/2/3/1230
Vu le pourvoi en cassation formé par mémoire déposé le 19/04/2019 par les demandeurs susmentionnés, par l’intermédiaire de leur avocat Maître **Essaddik (A.)**, tendant à la cassation de l’arrêt n° 5687 rendu par la Cour d’appel de commerce de Casablanca le 03/12/2018 dans le dossier n° 2018/8206/4936.
Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile du 28/09/1974.
Vu l’ordonnance de dessaisissement et de communication du 28/10/2021.
Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique du 11/11/2021.
Vu l’appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.
Après la lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Hassan Serrar, et après avoir entendu les conclusions de l’avocat général, Monsieur Mohamed Sadek.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que le défendeur au pourvoi, **Mohamed (Ch.)**, a, par l’intermédiaire de son avocat, saisi le 14/03/2018 le Tribunal de commerce de Casablanca d’une requête dans laquelle il a exposé que les défendeurs, **Tarik (H.)** et **Mohamed (T.)**, lui louaient, en vertu d’un contrat de bail en date du 19/10/2016, une parcelle de terrain d’une superficie de 200 mètres carrés pour un loyer mensuel de 1 500 dirhams, destinée à un commerce de carrelage et de marbre ; que le contrat de bail comportait une clause résolutoire prévoyant que le non-paiement de deux mois de loyer entraînerait la résiliation du contrat ; et qu’ils se sont abstenus de payer les loyers pour la période de novembre 2017 à janvier 2018, bien qu’ayant été mis en demeure. Il a sollicité leur condamnation solidaire au paiement de la somme de 5 000 dirhams à titre de dommages-intérêts pour le préjudice résultant de la privation de jouissance de la parcelle, ainsi que leur expulsion, eux et tous occupants de leur chef, sous astreinte de 1 000 dirhams par jour de retard dans l’exécution. Après réponse des défendeurs et l’accomplissement des formalités de procédure, le Tribunal de commerce a rendu un jugement ordonnant l’expulsion des défendeurs, eux et tous occupants de leur chef, de la parcelle de terrain louée, et a rejeté le surplus des demandes. Les défendeurs ont interjeté appel principal de ce jugement et le demandeur un appel incident. Après le dépôt par le défendeur au pourvoi de conclusions en rectification de l’erreur contenue dans la superficie de la parcelle, visant à la porter à 200 mètres carrés au lieu de 20 mètres carrés, la Cour d’appel a statué en rejetant l’appel principal, en déclarant l’appel incident recevable, en infirmant le jugement entrepris en ce qu’il a rejeté la demande de dommages-intérêts, et, statuant à nouveau, en condamnant **Tarik (H.)** et **Mohamed (T.)** à payer à **Mohamed (Ch.)** la somme de 5 000 dirhams, confirmant le jugement pour le surplus, et ordonnant la rectification de l’erreur matérielle affectant le dispositif du jugement entrepris pour que la superficie de la parcelle dont l’expulsion est ordonnée soit fixée à 200 mètres carrés au lieu de 20 mètres carrés ; lequel arrêt est l’objet du présent pourvoi.
Sur le moyen unique :
Attendu que les demandeurs au pourvoi font grief à l’arrêt d’un défaut de motivation équivalant à son absence, au motif que, bien qu’ils aient fait valoir devant la juridiction d’appel la nécessité d’ordonner une enquête par témoins pour prouver l’absence de retard dans le paiement des loyers, celle-ci les a condamnés à des dommages-intérêts au profit du défendeur au pourvoi et a refusé d’ordonner ladite enquête au prétexte qu’elle n’est pas tenue de faire droit à une demande d’enquête chaque fois que les parties le sollicitent, alors que le droit commercial consacre le principe de la liberté de la preuve par tous moyens et que son refus d’ordonner une enquête entache sa décision d’une motivation insuffisante, ce qui l’expose à la cassation.
Mais attendu qu’en vertu de l’article 71 du Code de procédure civile, la cour d’appel qui a rendu l’arrêt attaqué n’est pas tenue de faire droit à une demande d’enquête lorsqu’elle estime que celle-ci n’est pas utile à la solution du litige et que les pièces du dossier sont suffisantes pour statuer ; attendu, en particulier, que sa décision ne portait pas sur le paiement des loyers du bien litigieux, fait qui aurait pu être prouvé par témoins en application des dispositions de l’article 443 du Dahir formant Code des obligations et des contrats, mais sur l’octroi de dommages-intérêts en réparation du préjudice de jouissance, dont la fixation relève de son pouvoir souverain d’appréciation ; que sa décision est, dès lors, légalement justifiée et que le moyen ne peut être accueilli.
PAR CES MOTIFS
La Cour de cassation rejette le pourvoi et condamne les demandeurs aux dépens.
Le présent arrêt a été rendu et prononcé en audience publique à la date susmentionnée, en la salle des audiences ordinaires de la Cour de cassation à Rabat.
Siégeait la formation de jugement composée de : Madame Khadija El Bain, Présidente de chambre, et de Messieurs les conseillers : Hassan Serrar, rapporteur, Mohamed El Karaoui, Said Choukib, et Mohamed Taibi Zani, membres. En présence de l’avocat général, Monsieur Mohamed Sadek, et avec l’assistance du greffier, Monsieur Abderrahim Ait Ali.
La Présidente de chambre Le Conseiller rapporteur Le Greffier
Cour de cassation
Copie certifiée conforme à l’original,
revêtue des signatures de la Présidente, du Conseiller
rapporteur et du Greffier.
Pour le Greffier en chef.
65613
Saisie-arrêt : l’action en nullité de l’acte de vente à l’origine des fonds saisis rend la créance du débiteur incertaine et fait obstacle à la validation (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
14/10/2025
65593
La contrainte par corps, mesure d’exécution visant les personnes physiques, ne peut être prononcée à l’encontre du représentant légal d’une société pour le paiement des dettes sociales (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
04/11/2025
65598
Le juge des référés est incompétent pour ordonner à un copropriétaire de consentir à des travaux en présence d’une contestation sérieuse sur sa qualité de bailleur (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
28/10/2025
65599
Saisie-arrêt : l’obligation du tiers saisi est limitée au montant qu’il a déclaré détenir (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
13/10/2025
65601
Recevabilité de l’action : L’indication de l’adresse du siège social figurant au registre de commerce suffit à rendre la demande recevable, peu importe le déménagement de la société défenderesse (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
09/10/2025
65604
La preuve de la fausseté d’un acte de cession par la voie du faux incident justifie l’expulsion de l’occupant se prévalant d’un titre falsifié (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
21/07/2025
65612
Défaut de qualité à défendre : l’action en restitution d’un local est irrecevable si elle est dirigée contre une société non signataire du contrat de bail (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
28/10/2025
65564
Compétence territoriale des tribunaux de commerce : L’action contre une société doit être portée devant le tribunal du lieu de son siège social (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
08/10/2025
65569
Faux incident : Le rejet du recours est justifié lorsque l’expertise graphologique confirme l’authenticité de la signature du tireur sur les lettres de change, emportant sa condamnation à une amende civile (CA. com. Casablanca 2025)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
24/07/2025