Réf
44212
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
379/1
Date de décision
03/06/2021
N° de dossier
2020/3/3/1300
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Téléphonie, Rejet, Preuve, Obligation de paiement, Obligation de motivation du juge, Numéro de référence client, Moyen non fondé, Moyen inopérant, Facture, Contrat de prestation de services, Contrat commercial, Contestation, Charge de la preuve
Source
Non publiée
Le juge n'étant tenu de répondre qu'aux moyens fondés et pertinents, c'est à bon droit qu'une cour d'appel, pour condamner un client au paiement de factures, ne répond pas à l'argumentation de ce dernier relative à une prétendue discordance de numéros l'identifiant, dès lors qu'il est constaté que toutes les factures portent bien la même référence client et que le moyen soulevé est ainsi dénué de tout fondement et de toute pertinence.
محكمة النقض، الغرفة التجارية القسم الأول، القرار عدد 1/379، الصادر بتاريخ 2021/06/03 في الملف التجاري عدد 2020/3/3/1300
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2020/09/04 من طرف الطالبة المذكورة أعلاه بواسطة نائبيها الأستاذان أحمد (أ.) و أمبارك (أ.) والرامي إلى نقض القرار رقم 831 الصادر بتاريخ 2020/02/24 في الملف عدد 2019/8202/5836 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء.
وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف.
وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974.
وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر بتاريخ 2021/05/05.
وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 2021/06/03.
وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم.
وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد هشام العبودي والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد رشيد بناني.
وبعد المداولة طبقا للقانون.
حيث يستفاد من وثائق الملف والقرار المطعون فيه أن المطلوبة شركة (و. ك.) تقدمت بمقال أمام المحكمة التجارية بالدار البيضاء عرضت فيه أنها ترتبط بالطالبة شركة (ب. ف.) بعقد الاشتراك في خدماتها الهاتفية ، وأنه تخلد بذمتها من جراء استعمال الهاتف مبلغ 123.385,30 درهم ، امتنعت عن أدائه رغم جميع المحاولات ملتمسة الحكم عليها بأداء المبلغ المذكور أعلاه مع الفوائد القانونية و النفاد المعجل و الصائر . وبعد جواب المدعى عليها و الحكم تمهيديا بإجراء خبرة أنجزها الخبير يونس (ج.) والتعقيب عليها، أصدرت المحكمة حكمها القطعي بأداء المدعى عليها للمدعية مبلغ 5481,87 درهم مع الفوائد القانونية من تاريخ الطلب و الصائر على النسبة ورفض باقي الطلبات أيدته محكمة الاستئناف مع تعديله و ذلك برفع المبلغ المحكوم به إلى 123.385،30 درهم بمقتضى قرارها المطعون فيه بالنقض.
في شأن الوسيلة الفريدة :
حيث تنعى الطالبة على القرار عدم الارتكاز على أساس قانوني وانعدام التعليل . ذلك أن محكمة الاستئناف كان عليها وقبل مناقشة ما جاء في الخبرة ، أن تأخذ بما جاء في مذكرات الطالبة التي لا تعترف أصلا بالفواتير موضوع الخبرة بعد أن بينت و بالدليل أن تلك الفواتير لا تخصها ما دام أنها تحمل أرقاما غير تلك التي هي موضوع العقد الذي يربطها بالمطلوبة . فالمنحى الذي أخذت به المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه عندما أخذت بمقتضيات المادة 5 من قرار تقنين المواصلات هو منحى مخالف للقانون ، و الفواتير المدلى بها لا تخص الطالبة فالرقم 3084048 ليس هو الرقم 8509089 ، وأن هذا الاختلاف في الأرقام و الذي أثارته الطالبة في مرحلتي التقاضي كاف لعدم الاستجابة لطلبها و المحكمة بعملها تكون قد خرقت القانون و الحكم الصادر عنها غير مرتكز على أساس ومنعدم التعليل ويتعين نقضه.
لكن حيث إن المحكمة لا تكون ملزمة بالجواب إلا على الدفوع المؤسسة والمنتجة في الدعوى . ولما كان موضوع النزاع المعروض عليها يمثل في أداء واجبات الاشتراك عن مدة الالتزام المحددة في 24 شهرا لخمس خطوط و مصاريف اقتناء الهواتف النقالة مجانا ل 69 خط محددة الالتزام في 36 شهرا وأن جميع الفواتير تحمل نفس مرجع الزبون والذي هو 8509089 لم تكن المحكمة ملزمة بالجواب على تمسك الطالبة المتعلق بكونها غير معنية بالفواتير موضوع الدعوى لأنها تحمل رقم الزبون 8509089 والذي يخصها لكونه غير مؤسس مادام أنها لم تثبت دلك ولكونه غير مؤثر وبذلك جاء القرار المطعون فيه مبني على أساس سليم ومعلل بما يكفي و الوسيلة على غير أساس.
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض برفض الطلب وإبقاء الصائر على الطالبة.
Cour de cassation, Chambre commerciale, première section, Arrêt n° 1/379, rendu le 03/06/2021 dans le dossier commercial n° 2020/3/3/1300
Vu le pourvoi en cassation formé le 04/09/2020 par la demanderesse susmentionnée, par l'intermédiaire de ses avocats, Maîtres Ahmed (A.) et Mbarek (A.), tendant à la cassation de l'arrêt n° 831 rendu le 24/02/2020 dans le dossier n° 2019/8202/5836 par la Cour d'appel de commerce de Casablanca.
Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile du 28 septembre 1974.
Vu l'ordonnance de dessaisissement et de communication du 05/05/2021.
Vu l'avis de fixation de l'affaire à l'audience publique du 03/06/2021.
Vu l'appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.
Après la lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Hicham El Aboudi, et après avoir entendu les observations de l'avocat général, Monsieur Rachid Bennani.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
Attendu qu'il ressort des pièces du dossier et de l'arrêt attaqué que la défenderesse, la société (W. K.), a saisi le Tribunal de commerce de Casablanca d'une requête exposant qu'elle est liée à la demanderesse, la société (B. F.), par un contrat d'abonnement à ses services téléphoniques ; qu'une somme de 123.385,30 dirhams restait due par cette dernière au titre de l'utilisation du service téléphonique, et qu'elle s'est abstenue de la régler malgré toutes les tentatives amiables ; sollicitant en conséquence sa condamnation au paiement de ladite somme, majorée des intérêts légaux, avec exécution provisoire et prise en charge des dépens. Après réponse de la défenderesse et un jugement avant dire droit ordonnant une expertise, réalisée par l'expert Younes (J.), et suite aux observations des parties sur ledit rapport, le tribunal a rendu son jugement définitif condamnant la défenderesse à payer à la demanderesse la somme de 5.481,87 dirhams, augmentée des intérêts légaux à compter de la date de la demande, avec condamnation aux dépens au prorata, et rejetant le surplus des demandes. Ce jugement a été confirmé par la Cour d'appel, qui l'a toutefois modifié en portant le montant de la condamnation à 123.385,30 dirhams, par son arrêt objet du présent pourvoi en cassation.
Sur le moyen unique de cassation :
Attendu que la demanderesse reproche à l'arrêt attaqué le défaut de base légale et l'absence de motivation. Elle soutient que la Cour d'appel aurait dû, avant d'examiner les conclusions du rapport d'expertise, prendre en considération ses écritures dans lesquelles elle ne reconnaît nullement les factures objet de l'expertise, après avoir démontré, preuves à l'appui, que ces factures ne la concernaient pas, dès lors qu'elles portent des numéros différents de ceux faisant l'objet du contrat la liant à la défenderesse. L'approche adoptée par la cour qui a rendu l'arrêt attaqué, en se fondant sur les dispositions de l'article 5 de la décision de réglementation des télécommunications, est une approche contraire à la loi. Les factures produites ne concernent pas la demanderesse, le numéro 3084048 n'étant pas le numéro 8509089. Cette différence de numéros, soulevée par la demanderesse aux deux degrés de juridiction, était suffisante pour rejeter la demande. En agissant de la sorte, la cour a violé la loi, et la décision qu'elle a rendue est dépourvue de base légale et de motivation, et doit par conséquent être cassée.
Mais attendu que la cour n'est tenue de répondre qu'aux moyens et conclusions fondés et pertinents pour la solution du litige. Attendu que l'objet du litige soumis à la cour portait sur le paiement des redevances d'abonnement pour une durée d'engagement de 24 mois pour cinq lignes, ainsi que les frais d'acquisition de téléphones mobiles à titre gratuit pour 69 lignes avec une durée d'engagement de 36 mois, et que toutes les factures portaient la même référence client, à savoir 8509089, la cour n'était pas tenue de répondre à l'argument de la demanderesse selon lequel elle n'était pas concernée par les factures litigieuses au motif qu'elles portaient la référence client 8509089 qui est la sienne, cet argument étant non fondé, dès lors qu'elle n'en a pas apporté la preuve, et inopérant. Par conséquent, l'arrêt attaqué est fondé sur une base légale saine et est suffisamment motivé. Le moyen n'est donc pas fondé.
Par ces motifs
La Cour de cassation rejette le pourvoi et condamne la demanderesse aux dépens.
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