Bail commercial : La qualité de bailleur, suffisante pour délivrer un congé, s’apprécie au regard du contrat de bail et non du droit de propriété (Cass. com. 2019)

Réf : 45827

Identification

Réf

45827

Juridiction

Cour de cassation

Pays/Ville

Maroc/Rabat

N° de décision

334/2

Date de décision

20/06/2019

N° de dossier

2017/2/3/1719

Type de décision

Arrêt

Chambre

Commerciale

Abstract

Thème

Commercial, Bail

Base légale

Dahir du 2 chaoual 1374 (24 mai 1955) relatif aux baux d’immeubles ou de locaux loués à usage commercial, industriel ou artisanal
Article(s) : 1 - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)

Source

Non publiée

Résumé en français

La qualité du bailleur pour délivrer un congé pour non-paiement de loyers en matière de bail commercial s'apprécie au regard du contrat de bail liant les parties. Dès lors, approuve sa décision la cour d'appel qui, après avoir constaté l'existence d'un contrat de bail écrit, en déduit que le bailleur avait qualité pour agir en résiliation, sans avoir à rechercher s'il était propriétaire des lieux, et écarte les allégations des locataires relatives à une rupture antérieure du contrat faute de preuve.

Texte intégral

محكمة النقض، الغرفة التجارية القسم الثاني، القرار عدد 2/334، المؤرخ في 2019/6/20، ملف تجاري عدد 2017/2/3/1719

بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2017/7/27 من طرف الطالبتين المذكورتين أعلاه بواسطة نائبتيهما الأستاذة فاطمة (ل.) الرامي إلى نقض القرار رقم 680 الصادر بتاريخ 2017/02/01 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء في الملف عدد : 2016/8206/5622.

و بناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف.

و بناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في : 28 شتنبر 1974.

و بناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في : 2019/5/23.

و بناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ : 2019/6/20.

و بناء على المناداة على الطرفين و من ينوب عنهما وعدم حضورهم.

و بعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد حميد ارحو والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد محمد صادق.

و بعد المداولة طبقا للقانون:

حيث يستفاد من مستندات الملف ومن القرار المطعون فيه أن الطالبتين تقدمتا بمقال افتتاحي امام المحكمة التجارية بالرباط بتاريخ 2015/11/23 عرضتا فيه أنهما توصلتا من المطلوبة في النقض بإنذار في اطار ظهير 1955/5/24 بتاريخ 2015/5/18 تنذرهما فيه بإفراغ المحل المكترى بعلة عدم أداء واجبات الكراء عن المدة من 2012/11/01 الى متم ابريل 15 . و أنهما تنازعان في صفة المطلوبة لكونها ليست هي المالكة للعقار ، و التمستا بطلان الإنذار . و أجابت المطلوبة بمذكرة مع مقال مقابل أكدت فيه جدية السبب المؤسس عليه الإنذار . و التمست رفض الطلب الأصلي و المصادقة على الإنذار والحكم على المكتريتين بإفراغ المحل المكترى و بأداء كراء المدة من نونبر 12 الى مارس 16 . و بعد انتهاء المناقشة ، صدر بتاريخ 2016/5/09 حكم ابتدائي قضى على الطاعنتين بإفراغ المحل المكترى الكائن ب(...) و أداء واجبات الكراء عن المدة من 2012/11/01 الى 2016/03/31 و جب فيها مبلغ 143500 درهم وبرفض الطلب الأصلي . استأنفته الطاعنتان و بعد تبادل المذكرات قضت محكمة الاستئناف التجارية بتأييد الحكم المستأنف بقرارها المطعون فيه بالنقض .

حيث تعيب الطاعنتان على القرار في الوسيلة الوحيدة خرق الفصل 1 من قانون المسطرة المدنية ذلك ان المطلوبة في النقض أكرت المحل المدعى فيه الى شخص آخر هو السيد لحسن (إ.) و سلمته وصلا عن واجب كراء شهر ماي 2011 . و ان العلاقة الكرائية المبرمة بينهما والمطلوبة قد فسخت إراديا من طرف هذه الأخيرة . و قامت بطردهما من المحل دون تعويض وأغلق المحل لعدة سنوات . وأن الإنذار موضوع الدعوى وجه لغير ذي صفة فهو باطل مما يعرض القرار لنقض.

لكن حيث أن المحكمة التجارية عللت حكمها بما مضمنه ( أن العلاقة الكرائية ثابتة من خلال عقد الكراء المصحح الإمضاء بتاريخ 08/1/29 بين طرفيه المكتريتان و المكرية و أن من حق هذه الأخيرة أن توجه لهما الإنذار بالإفراغ في إطار ظهير 1955/5/24 دونما حاجة للبحث في شان ملكية المحل ) وأن محكمة الاستئناف التجارية بتأييدها للحكم المعلل بما ذكر تكون قد تبنت تعليلاته التي تساير وثائق الملف خاصة عقد الكراء المشار اليه و بنت في النازلة بعد أن تحققت من صفة المطلوبة في النقض في توجيه الإنذار و صفة الطاعنتين الموجه لهما باعتبارهما الطرف المكتري حسب العقد المستدل به . و هي بذلك تكون قد عللت قرارها بما يعتبر ردا عن الدفوع المثارة أمامها و رفضا ضمنيا لادعائها إغلاق المحل و اكرائه من طرف المطلوبة للغير مادام لم يؤيد بأي دليل . فكان ما استدل به في الوسيلة على غير أساس ، و يبقى الوصل الكرائي المدلى به رفقة مقال النقض دليلا جديدا لم يسبق عرضه على قضاة الاستئناف فهو بذلك غير مقبول ./.

لهذه الأسباب

قضت محكمة النقض برفض الطلب و تحميل الطالبتين الصائر.

Version française de la décision

Cour de cassation, Chambre commerciale, Deuxième section, Arrêt n° 2/334, en date du 20/06/2019, dossier commercial n° 2017/2/3/1719

Vu le pourvoi en cassation formé le 27/07/2017 par les demanderesses susmentionnées, par l'intermédiaire de leur avocate, Maître Fatima (L.), tendant à la cassation de l'arrêt n° 680 rendu le 01/02/2017 par la Cour d'appel de commerce de Casablanca dans le dossier n° 2016/8206/5622.

Vu les autres pièces produites au dossier.

Vu le Code de procédure civile du 28 septembre 1974.

Vu l'ordonnance de dessaisissement et de communication du 23/05/2019.

Vu l'avis de fixation de l'affaire à l'audience publique tenue le 20/06/2019.

Vu l'appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.

Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Hamid Arhou, et après avoir entendu les observations de l'avocat général, Monsieur Mohamed Sadek.

Et après en avoir délibéré conformément à la loi :

Attendu qu'il résulte des pièces du dossier et de l'arrêt attaqué que les demanderesses ont présenté une requête introductive d'instance devant le Tribunal de commerce de Rabat le 23/11/2015, dans laquelle elles ont exposé avoir reçu de la défenderesse au pourvoi, le 18/05/2015, une sommation dans le cadre du Dahir du 24 mai 1955 les mettant en demeure d'évacuer le local loué au motif du non-paiement des loyers pour la période du 01/11/2012 à la fin du mois d'avril 2015. Elles ont contesté la qualité de la défenderesse au motif qu'elle n'était pas la propriétaire de l'immeuble et ont sollicité la nullité de la sommation. La défenderesse a répliqué par un mémoire accompagné d'une demande reconventionnelle, dans lequel elle a affirmé le bien-fondé du motif sur lequel se fondait la sommation. Elle a sollicité le rejet de la demande principale, l'homologation de la sommation et la condamnation des locataires à évacuer le local loué et à payer les loyers pour la période de novembre 2012 à mars 2016. Après clôture des débats, un jugement de première instance a été rendu le 09/05/2016, condamnant les demanderesses à l'expulsion du local loué sis à (...) et au paiement des loyers pour la période du 01/11/2012 au 31/03/2016, pour un montant de 143 500 dirhams, et rejetant la demande principale. Les demanderesses en ont interjeté appel et, après échange des mémoires, la Cour d'appel de commerce a, par son arrêt attaqué par le présent pourvoi, confirmé le jugement entrepris.

Attendu que les demanderesses, en leur moyen unique de cassation, reprochent à l'arrêt la violation de l'article 1er du Code de procédure civile, en ce que la défenderesse au pourvoi a loué le local litigieux à une autre personne, Monsieur Lahcen (I.), et lui a remis une quittance de loyer pour le mois de mai 2011. Elles soutiennent que la relation locative conclue entre elles et la défenderesse a été résiliée unilatéralement par cette dernière, qui les a expulsées des lieux sans indemnité, et que le local a été fermé pendant plusieurs années. Elles en concluent que la sommation, objet du litige, a été adressée à une personne sans qualité, ce qui la rend nulle et expose l'arrêt à la cassation.

Mais attendu que le Tribunal de commerce a motivé son jugement en énonçant que la relation locative est établie par le contrat de bail à signature légalisée en date du 29/01/2008 entre ses parties, à savoir les locataires et la bailleresse, et que cette dernière était en droit de leur adresser une sommation d'évacuer dans le cadre du Dahir du 24 mai 1955, sans qu'il soit besoin d'examiner la question de la propriété du local ; et qu'en confirmant le jugement ainsi motivé, la Cour d'appel de commerce a adopté ses motifs, lesquels sont conformes aux pièces du dossier, notamment au contrat de bail précité, et a statué en l'espèce après avoir vérifié la qualité de la défenderesse au pourvoi pour adresser la sommation et la qualité des demanderesses en tant que destinataires, celles-ci étant la partie locataire selon le contrat produit. Ce faisant, elle a motivé sa décision par des motifs qui constituent une réponse aux exceptions soulevées devant elle et un rejet implicite de l'allégation des demanderesses concernant la fermeture du local et sa location par la défenderesse à un tiers, dès lors que cette allégation n'est étayée par aucune preuve. Par conséquent, le moyen est dénué de fondement, et la quittance de loyer produite avec le pourvoi en cassation constitue une pièce nouvelle qui n'a pas été préalablement soumise aux juges d'appel, et est de ce fait irrecevable.

Par ces motifs

La Cour de cassation rejette le pourvoi et condamne les demanderesses aux dépens.

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