Effet de commerce : La production de copies de chèques ne suffit pas à prouver le paiement partiel d’un effet de commerce dont le créancier détient l’original (Cass. com. 2020)

Réf : 44720

Identification

Réf

44720

Juridiction

Cour de cassation

Pays/Ville

Maroc/Rabat

N° de décision

261/3

Date de décision

02/09/2020

N° de dossier

2019/3/3/1329

Type de décision

Arrêt

Chambre

Commerciale

Abstract

Base légale

Article(s) : 185 - Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii I 1417 (1er août 1996) portant promulgation de la loi n° 15-95 formant code de commerce

Source

Non publiée

Résumé en français

Ayant constaté que le créancier était toujours en possession des originaux des effets de commerce et que le débiteur, qui se prévalait d'un paiement partiel, produisait de simples copies de chèques sans établir de lien avec lesdits effets, une cour d'appel en déduit à bon droit que la preuve du paiement n'est pas rapportée. Conformément à l'article 185 du Code de commerce, la cour n'est pas tenue de répondre à un tel moyen, dénué de tout fondement juridique, le paiement d'un effet de commerce devant être prouvé sur le titre lui-même, par sa restitution, ou par un acquit distinct.

Texte intégral

محكمة النقض، الغرفة التجارية القسم الثالث، القرار عدد 3/261، الصادر بتاريخ 2020/09/02، في الملف التجاري عدد 2019/3/3/1329
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2019/05/30 من طرف الطالبة المذكورة أعلاه بواسطة نائبها الأستاذ عبد السلام (ن.) الرامي إلى نقض القرار رقم 3097 الصادر بتاريخ 2018/06/19 في الملف عدد 2018/8223/1011 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء.

و بناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف؛
و بناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974 كما وقع تعديله وتتميمه؛
و بناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في 2020/07/15 ؛
و بناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 2020/09/02
و بناء على المناداة على الطرفين و من ينوب عنهما وعدم حضورهم؛
و بعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد محمد الصغير والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد عبد العزيز أوبايك ؛

و بعد المداولة طبقا للقانون

حيث يستفاد من مستندات الملف، ومن القرار المطعون فيه أن الطالبة شركة (ص. ب.) تقدمت بمقال تعرض على أمر بالأداء بتاريخ 2015/11/13 أمام المحكمة التجارية بالدار البيضاء ، عرضت فيه أن المطلوبة شركة (ب. م.) استصدرت في مواجهتها أمرا بأداء مبلغ 1.031.974،18 درهما يتعلق بكمبيالات، مؤكدة أن الأمر يتعلق بمعاملة تجارية تهم بطاريات، اتضح أنها غير سليمة، فقامت المتعرضة بإرجاعها، غير أن المتعرض ضدها رفضت تسلمها منها، ومن ثم فإنها غير مدينة لها بالمبلغ المحكوم به، ملتمسة إلغاء الأمر بالأداء. فصدر الحكم برفض التعرض، أيد استئنافيا بموجب القرار المطلوب نقضه.

في شأن الوسيلة الفريدة

حيث تنعى الطاعنة على القرار انعدام التعليل ، بدعوى أنها تمسكت أمام المحكمة مصدرته بكون ذمتها لم تبق مدينة تجاه المطلوبة سوى بمبلغ 18، 31.914 درهما، بعدما أدت لها مبلغ مليون درهم بواسطة ستة شيكات أدلت بصورها وكشف حساب بنكي. غير أن المحكمة لم تناقش الدفع المذكور أو تجب عنه لا ايجابا ولا سلبا ، مما يشكل انعداما للتعليل، ويتعين نقض قرارها .

لكن حيث إن المحكمة لا تكون ملزمة بالجواب إلا على الدفوع المؤسسة والتي لها تأثير على وجه قضائها ، ولما كان الأمر يتعلق بأداء قيمة كمبيالات تتوفر المطلوبة على أصولها ، وأن ادعاء الطاعنة الأداء الجزئي بناء على صور شيكات لم تثبت كونها تتعلق بتلك الكمبيالات ، ولو أنها فعلا كانت مقابلها لما بقيت أصول الكمبيالات بيد المطلوبة والسلمتها لها ، أو استبدلتها بأخرى ، أو لتم إثبات ذلك الوفاء بالكمبيالات نفسها أو بتسليم الطالبة وصلا بذلك وفق ما تستلزمه المادة 185 من مدونة التجارة ، وأنه في غياب ما ذكر فإن الدفع موضوع الوسيلة غير جدير بالاعتبار ، وكانت المحكمة في غنى عن مناقشته ، والوسيلة تبعا لذلك على غير أساس.

لهذه الأسباب

قضت محكمة النقض برفض الطلب وتحميل الطالبة المصاريف.
كما قررت إثبات حكمها بسجلات المحكمة المذكورة إثر الحكم المطعون فيه أو بطرته.

Version française de la décision

Cour de cassation, Chambre commerciale, Troisième section, Arrêt n° 261/3, rendu le 02/09/2020, dans le dossier commercial n° 1329/3/3/2019

Vu le pourvoi en cassation formé le 30/05/2019 par la demanderesse susmentionnée, par l’intermédiaire de son avocat Maître Abdeslam (N.), tendant à la cassation de l’arrêt n° 3097 rendu le 19/06/2018 par la Cour d'appel de commerce de Casablanca dans le dossier n° 1011/8223/2018.

Vu les autres pièces produites au dossier ;
Vu le Code de procédure civile du 28 septembre 1974, tel que modifié et complété ;
Vu l'ordonnance de dessaisissement et de communication du 15/07/2020 ;
Vu l'avis de fixation de l'affaire à l'audience publique du 02/09/2020 ;
Vu l'appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution ;
Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur, M. Mohamed SGHIR, et après avoir entendu les observations de l'avocat général, M. Abdelaziz OUBAYK ;

Et après en avoir délibéré conformément à la loi

Attendu qu'il ressort des pièces du dossier et de l'arrêt attaqué que la demanderesse, la société (S. B.), a formé une opposition à une ordonnance d'injonction de payer le 13/11/2015 devant le Tribunal de commerce de Casablanca, exposant que la défenderesse, la société (B. M.), avait obtenu à son encontre une ordonnance la condamnant à payer la somme de 1.031.974,18 dirhams au titre de lettres de change ; elle a soutenu qu'il s'agissait d'une transaction commerciale portant sur des batteries qui se sont avérées défectueuses, et que l'opposante les a retournées, mais que l'intimée a refusé de les réceptionner, et que, par conséquent, elle n'était pas redevable envers elle de la somme octroyée, sollicitant l'annulation de ladite ordonnance. Le tribunal a rendu un jugement rejetant l'opposition, lequel a été confirmé en appel par l'arrêt objet du présent pourvoi.

Sur le moyen unique

Attendu que la demanderesse reproche à l'arrêt un défaut de motivation, au motif qu'elle avait fait valoir devant la cour d'appel que sa dette envers la défenderesse ne s'élevait plus qu'à la somme de 31.914,18 dirhams, après lui avoir versé un million de dirhams au moyen de six chèques dont elle a produit les photocopies ainsi qu'un relevé de compte bancaire. Cependant, la cour n'a ni examiné ni répondu à cet argument, que ce soit positivement ou négativement, ce qui constitue un défaut de motivation justifiant la cassation de son arrêt.

Mais attendu que la cour n'est tenue de répondre qu'aux moyens de défense fondés et ayant une incidence sur l'issue du litige ; et attendu qu'en l'espèce, s'agissant du paiement de la valeur de lettres de change dont la défenderesse détenait les originaux, l'allégation de la demanderesse relative à un paiement partiel, fondée sur des photocopies de chèques, n'établissait pas que ceux-ci correspondaient auxdites lettres de change ; que si tel avait été le cas, les originaux des lettres de change ne seraient pas restés en possession de la défenderesse, qui les lui aurait restitués, ou les aurait remplacés par d'autres, ou encore, ledit paiement aurait été mentionné sur les lettres de change elles-mêmes ou la demanderesse aurait reçu une quittance, conformément aux exigences de l'article 185 du Code de commerce ; et qu'en l'absence de ces éléments, le moyen de défense objet du pourvoi n'était pas digne d'être pris en considération, de sorte que la cour n'était pas tenue de l'examiner ; que le moyen est par conséquent non fondé.

PAR CES MOTIFS

La Cour de cassation rejette le pourvoi et condamne la demanderesse aux dépens.
Ordonne la transcription du présent arrêt sur les registres de ladite cour, en marge ou à la suite de l'arrêt attaqué.

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