Réf
28988
Juridiction
Cour d'appel
Pays/Ville
Maroc/Casablanca
N° de décision
860
Date de décision
07/11/2023
N° de dossier
921/1404/2023
Type de décision
Arrêt
Thème
Mots clés
Procédure de redressement judiciaire, Prénotation, insaisissabilité des biens, Garantie générale des créanciers, Effet rétroactif, Caution personnelle, Annulation de la donation, Action paulienne
Base légale
Article(s) : 13 - Dahir n° 1-11-178 du 25 hija 1432 (22 novembre 2011) portant promulgation de la loi n° 39-08 relative au code des droits réels
Article(s) : 278 - Dahir n° 1-11-178 du 25 hija 1432 (22 novembre 2011) portant promulgation de la loi n° 39-08 relative au code des droits réels
Article(s) : 1241 - Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) formant Code des obligations et des contrats
Article(s) : 575 - Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii I 1417 (1er août 1996) portant promulgation de la loi n° 15-95 formant code de commerce
Source
Cabinet Bassamat & Laraqui
وحيث في شان الوسيلة الأولى المتخذة من خرق مقتضيات المادة 13 من مدونة الحقوق العينية، فان هذا المقتضى القانوني الذي يخول للدائن اجراء تقييد احتياطي على الحقوق العينية التي تعود ملكيتها للمدين هو اجراء مقرر لمصلحة الدائن وليس المدين ويهدف الى محافظة الدائن على الرتبة في التقييد على العقار موضوع طلب البطلان حتى اذا استصدر الدائن حكما قضائيا نهائيا ببطلان التفويت الذي اجراه المدين أمكن له التنفيذ على العقار حتى ولو انتقل الى الغير أثناء المنازعة القضائية باعتبار التقييد الاحتياطي له أثر رجعي في حماية الضمان وان عدم احترام هذه المادة 13 من طرف الدائن يترتب عنه المساس بمصلحته عند التنفيذ على العقار موضوع الضمان في حال انتقاله الى الغير المفترض فيه حسن النية اثناء إجراءات دعوى الابطال ولا تمس بمركز المدين الذي لا مصلحة له في التمسك بخرق مقتضيات هذه المادة لذا تكون هذه الوسيلة مخالفة للقانون ویتعین ردها.
وحيث بخصوص الوسيلتين المرتكزتين على ان الدعوى سابقة لأوانها لعدم الادلاء بحكم قضى على المدين الأصلي بالأداء لفائدة المستأنف عليها وأن الشركة المدينة الاصلية خاضعة للتسوية القضائية ، فانه من المقرر فقها وقضاء ان أموال المدين ضمان عام لدائنيه وهو المبدأ المنصوص عليه في الفصل 1241 من قانون الالتزامات والعقود والمادة 278 من مدونة الحقوق العينية التي تنص على انه « لا تصح الهبة ممن كان الدين محيطا بماله ». وعليه فان للدائن حق التعرض على تصرف المدين في أمواله متى تبين ان تصرفه من شانه اضعاف الضمان وان الثابت من وثائق الملف ان الطاعن تصرف في عقاره بمقتضى عقد صدقة لفائدة ابنه عصام بن حمان رغم انه سبق له ان منح المستأنف عليها كفالة شخصية بمقتضى عقدين مؤرخين على التوالي في 2018/08/29 و2019/03/06 لضمان أداء الديون التي ستصبح في ذمة شركة انترناسيونال دي طرافو ماروك في حدود مبلغ 230000000 درهم وأن الكفيل الشخصي يقران الشركة المدينة الاصلية خاضعة لمسطرة التسوية القضائية بمقتضى حكم قضائي وهو ما يعني أن المدينة الأصلية متوقفة عن الدفع لكون مسطرة التسوية القضائية طبقا لمقتضيات المادة 575 من مدونة التجارة لا تطبق الا على المقاولة المتوقفة عن الدفع والتي تعجز عن سداد ديونها عند حلول اجالها وهو ما يجعل اعسار المدين الأصلي ثابت في النازلة وان ابرام الطاعن لعقد الصدقة رغم انه كفيل للمدينة الاصلية المعسرة يشكل قرينة قوية على ان إرادة المتصدق انصرفت الى ابعاد الملك من ذمته المالية للظهور بمظهر المعسر والتهرب من المتابعات القضائية ضده وهو ما يشكل اضعافا للضمان المقرر قانونا للدائنة والمحكمة الابتدائية لما قضت بإبطال عقد الصدقة على العقار موضوع الدعوى تكون قد طبقت صحيح القانون ووسائل الاستئناف على غير أساس ويتعين تأييد الحكم الابتدائي فيما قضى به وتحميل رافعيه الصائر.
Attendu que, concernant le premier moyen pris de la violation des dispositions de l’article 13 du Code des droits réels, cette disposition légale, qui permet au créancier d’effectuer une prénotation sur les droits réels appartenant au débiteur, est une mesure prévue au bénéfice du créancier et non du débiteur. Elle vise à permettre au créancier de préserver son rang dans l’inscription sur l’immeuble objet de la demande d’annulation, de sorte que, si le créancier obtient un jugement définitif annulant la cession effectuée par le débiteur, il puisse exécuter sur l’immeuble même s’il est transféré à un tiers pendant le litige, car la prénotation a un effet rétroactif pour protéger la garantie. Le non-respect de cette disposition de l’article 13 par le créancier entraîne une atteinte à son intérêt lors de l’exécution sur l’immeuble objet de la garantie en cas de transfert à un tiers présumé de bonne foi pendant la procédure d’annulation, mais ne porte pas atteinte à la position du débiteur, qui n’a aucun intérêt à invoquer la violation de cette disposition. Par conséquent, ce moyen est contraire à la loi et doit être rejeté.
Attendu que, s’agissant des moyens basés sur le fait que l’action serait prématurée faute de production d’un jugement condamnant le débiteur principal au paiement en faveur de l’intimée, et sur le fait que la société débitrice principale est soumise à une procédure de redressement judiciaire, il est établi en droit et en jurisprudence que tous les biens du débiteur sont la garantie générale de ses créanciers, principe consacré à l’article 1241 du Dahir des obligations et contrats et à l’article 278 du Code des droits réels, qui dispose que « la donation n’est pas valide si la dette entoure les biens du donateur ». Ainsi, le créancier a le droit de s’opposer à la disposition faite par le débiteur de ses biens lorsqu’il apparaît que cette disposition affaiblit la garantie. Il ressort des documents du dossier que le requérant a disposé de son bien immobilier au moyen d’un acte de donation en faveur de son fils Issam Ben Haman, alors qu’il avait précédemment accordé une caution personnelle à l’intimée en vertu de deux contrats datés respectivement du 29 août 2018 et du 6 mars 2019, pour garantir le paiement des dettes qui seraient dues par la société Internationale des Travaux Maroc, à hauteur de 230 000 000 dirhams. Le garant personnel reconnaît que la société débitrice principale est soumise à une procédure de redressement judiciaire par décision judiciaire, ce qui signifie que la débitrice principale est en cessation de paiement, la procédure de redressement judiciaire, conformément aux dispositions de l’article 575 du Code de commerce, ne s’appliquant qu’aux entreprises en cessation de paiement qui sont incapables de régler leurs dettes à leur échéance. Par conséquent, l’insolvabilité du débiteur principal est avérée dans cette affaire, et la conclusion par le requérant de l’acte de donation, alors qu’il était le garant de la débitrice principale insolvable, constitue une forte présomption que l’intention du donateur était de retirer le bien de son patrimoine pour paraître insolvable et éviter les poursuites judiciaires à son encontre, ce qui affaiblit la garantie légale accordée à la créancière. Le tribunal de première instance, en annulant l’acte de donation portant sur l’immeuble objet du litige, a appliqué correctement la loi. Les moyens d’appel sont donc sans fondement et il convient de confirmer le jugement de première instance et de mettre les frais à la charge des appelants.
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