Réf
44518
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
803/1
Date de décision
02/12/2021
N° de dossier
2021/1/3/638
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Thème
Mots clés
Tiers au contrat, Signature, Primes d'assurance, Preuve de l'obligation, Opposabilité, Obligation de paiement, Force probante, Contrat d'assurance, Cassation, Action en paiement, Acte sous-seing privé
Base légale
Article(s) : 426 - Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) formant Code des obligations et des contrats
Source
Non publiée
Viole l’article 426 du Dahir des obligations et des contrats la cour d’appel qui condamne une société au paiement de primes d’assurance sur le fondement d’un contrat qui, bien que la désignant comme partie contractante, n’a pas été signé par elle mais par une tierce société. Un tel acte ne peut en effet faire foi contre la partie qui ne l’a pas signé, la signature de l’obligé étant une condition de son engagement.
محكمة النقض، الغرفة التجارية القسم الأول، القرار عدد 1/803، الصادر بتاريخ 2021/12/2 في الملف عدد 2021/1/3/638
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 9 نونبر 2020 من طرف الطالبة المذكورة أعلاه بواسطة نائبتها الأستاذة فاطمة (ن.) والرامي إلى نقض القرار رقم 6079 الصادر بتاريخ 2019/12/12 في الملف 2019/8232/4971 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء وبناء على الأوراق الأخرى المدلى بها في الملف.
وبناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974.
وبناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر بتاريخ 2021/10/28.
وبناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 2021/12/2
وبناء على المناداة على الطرفين ومن ينوب عنهما وعدم حضورهم.
وبعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد محمد كرام والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد رشيد بناني.
وبعد المداولة طبقا للقانون.
حيث يستفاد من مستندات الملف والقرار المطعون فيه أن المطلوبة (ت. و.) تقدمت بمقال أمام المحكمة التجارية بالرباط عرضت فيه، أنها دائنة للمدعى عليها (ش. م. م.) بمبلغ 45، 818.697 درهما، وأنذرتها للأداء دون جدوى، ملتمسة الحكم عليها بأدائها لها المبلغ المذكور مع الفوائد القانونية من تاريخ الطلب وتعويضا لا يقل عن 82.000 درهم.
وبعد تمام الإجراءات، أصدرت المحكمة التجارية حكمها القاضي بأداء المدعى عليها للمدعية مبلغ 818.697،45 درهما وتعويضا عن التماطل قدره 10.000 درهم وبرفض باقي الطلبات. أيدته محكمة الاستئناف التجارية بقرارها المطعون فيه بالنقض.
في شأن الوسيلة الفريدة :
حيث تنعى الطالبة على القرار نقصان التعليل الموازي لانعدامه ذلك، أن المحكمة اعتبرت في تعليلها أن عقد التأمين المستدل به من المطلوبة قد نص في شروطه الخاصة بأن المتعاقد هو (ش. م. م.) (…)، وهو نفس الاسم والعنوان الوارد بالسجل التجارية للطالبة، وبأنها هي المستفيدة دون أن تجيب على الدفوعات المثارة من قبلها ولا حتى كيف تم إقحامها كمتعاقدة، والحال أنها مجرد مستفيدة بموجب عقد يربط المطلوبة بشركة أجنبية هي شركة (S. A. S. M. G.) (…) وهو ما تمسكت به إلا أن المحكمة لم تجب عنه، وأن عقد التأمين المدلى به يفيد أن الشركة الألمانية تعاقدت مع الطالبة من أجل تأمين آلات الشركة المغربية ليس إلا،
والقرار لما اعتمد هذا العقد للقول بأنها طرفا فيه رغم عدم توقيعها عليه يكون عرضة للنقض لعدم موازنة الحجج والأدلة التي أسس عليها قضاءه فجاء ناقص التعليل الموازي لانعدامه مما تعين معه نقضه.
حيث ينص الفصل 426 من قانون الالتزامات والعقود بأنه « يسوغ أن تكون الورقة العرفية مكتوبة بيد غير الملتزم بها بشرط أن تكون موقعة منه.
ويلزم أن يكون التوقيع بيد الملتزم نفسه وأن يرد في أسفل الوثيقة ولا يقوم مقام الطابع أو الختم مقام التوقيع ويعتبر وجوده كعدمه »، والمحكمة مصدرة القرار المطعون فيه التي ثبت لها من عقد التأمين المستدل به من المطلوبة (ت. و.) أنه تضمن في أسفله طابع وتوقيع شركة (S. A. S. M. G.) (…) وليس طابع وتوقيع الطالبة وردت تمسك الطالبة موضوع الوسيلة بتعليلها « … فإنه بالرجوع إلى عقد التأمين، فانه ينص في شروطه الخاصة بأن المتعاقد هو (ش. م. م.) (…)، وهو نفس الاسم والعنوان الوارد بالسجل التجاري للمستأنفة، كما هو ثابت من النموذج 7 المدلى به، كما أن عقد التأمين يشير في مكان التوقيع إلى الشركة المستفيدة وهي المتعاقدة، أي المستأنفة، وأن التوقيع المذيل به لم يكن محل طعن من طرفها، تكون قد أساءت تطبيق المقتضى المذكور الذي يشترط لإلزام الشخص بالوثيقة العرفية أن تكون موقعة من طرفه، وبذلك عللت قرارها تعليلا سيئا مما تعين معه نقضه.
وحيث إن حسن سير العدالة ومصلحة الطرفين يقتضيان إحالة الملف على نفس المحكمة مصدرته.
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض بنقض القرار المطعون فيه مع إحالة الملف على نفس المحكمة مصدرته للبت فيه من جديد، وهي مشكلة من هيئة أخرى، طبقا للقانون مع جعل المصاريف على المطلوبة.
Cour de cassation, Chambre commerciale, Première section, Arrêt n° 1/803, rendu le 02/12/2021 dans le dossier n° 2021/1/3/638
Vu le pourvoi en cassation formé le 9 novembre 2020 par la demanderesse susmentionnée, par l’intermédiaire de son avocate, Maître Fatima (N.), visant à la cassation de l’arrêt n° 6079 rendu le 12/12/2019 dans le dossier n° 2019/8232/4971 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca ; Vu les autres pièces produites au dossier.
Vu le Code de procédure civile du 28 septembre 1974.
Vu l’ordonnance de dessaisissement et de communication du 28/10/2021.
Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique du 02/12/2021.
Vu l’appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution.
Après lecture du rapport par le conseiller rapporteur, Monsieur Mohammed Karam, et après avoir entendu les observations de l’avocat général, Monsieur Rachid Bennani.
Après en avoir délibéré conformément à la loi.
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que la défenderesse au pourvoi (T. W.) a saisi le Tribunal de commerce de Rabat d’une requête dans laquelle elle a exposé être créancière de la défenderesse (S. M. M.) à hauteur de la somme de 818.697,45 dirhams, et l’avoir mise en demeure de payer, sans succès, sollicitant sa condamnation à lui payer ladite somme, assortie des intérêts légaux à compter de la date de la demande et d’une indemnité d’au moins 82.000 dirhams.
Après l’accomplissement des formalités de procédure, le Tribunal de commerce a rendu son jugement condamnant la défenderesse à payer à la demanderesse la somme de 818.697,45 dirhams et une indemnité pour retard de paiement d’un montant de 10.000 dirhams, et rejetant le surplus des demandes. Ce jugement a été confirmé par la Cour d’appel de commerce par son arrêt, objet du présent pourvoi.
Sur le moyen unique de cassation :
Attendu que la demanderesse au pourvoi reproche à l’arrêt une motivation insuffisante équivalant à une absence de motivation, en ce que la cour a considéré dans sa motivation que le contrat d’assurance invoqué par la défenderesse au pourvoi énonçait dans ses conditions particulières que le contractant était (S. M. M.) (…), ce qui correspond au nom et à l’adresse figurant sur le registre de commerce de la demanderesse au pourvoi, et qu’elle en était la bénéficiaire, sans répondre aux exceptions soulevées par elle ni à la manière dont elle a été impliquée en tant que contractante, alors qu’elle n’est qu’une simple bénéficiaire en vertu d’un contrat liant la défenderesse au pourvoi à une société étrangère, la société (S. A. S. M. G.) (…), ce qu’elle avait soutenu sans que la cour n’y réponde ; et que le contrat d’assurance produit démontre que la société allemande a contracté avec la demanderesse au pourvoi dans le seul but d’assurer les machines de la société marocaine.
Et que l’arrêt, en se fondant sur ce contrat pour affirmer qu’elle y était partie bien qu’elle ne l’ait pas signé, encourt la cassation pour ne pas avoir pesé les preuves et les éléments sur lesquels il a fondé sa décision, se trouvant ainsi entaché d’une motivation insuffisante équivalant à son absence, ce qui justifie sa cassation.
Attendu que l’article 426 du Dahir des obligations et contrats dispose que : « L’acte sous seing privé peut être écrit de la main d’un autre que celui qui s’oblige, à la condition d’être signé par ce dernier. Il faut que la signature soit apposée de la main même de la partie et au bas de l’acte ; le timbre ou le sceau ne peut remplacer la signature, et il est réputé non avenu ». Et la cour, auteur de l’arrêt attaqué, qui a constaté, à partir du contrat d’assurance invoqué par la défenderesse au pourvoi (T. W.), qu’il portait en bas le cachet et la signature de la société (S. A. S. M. G.) (…) et non le cachet et la signature de la demanderesse au pourvoi, a rejeté l’argument de la demanderesse au pourvoi, objet du moyen, en motivant que « … en se référant au contrat d’assurance, celui-ci énonce dans ses conditions particulières que le contractant est (S. M. M.) (…), ce qui correspond au nom et à l’adresse figurant sur le registre de commerce de l’appelante, ainsi qu’il ressort du modèle 7 produit, et que le contrat d’assurance désigne, à l’emplacement de la signature, la société bénéficiaire qui est la contractante, à savoir l’appelante, et que la signature y apposée n’a fait l’objet d’aucune contestation de sa part ». Ce faisant, elle a mal appliqué la disposition précitée, laquelle exige, pour qu’une personne soit liée par un acte sous seing privé, que celui-ci soit signé par elle, et a ainsi fondé sa décision sur une motivation erronée, ce qui entraîne sa cassation.
Attendu que la bonne administration de la justice et l’intérêt des parties commandent le renvoi de l’affaire devant la même cour qui l’a rendue.
Par ces motifs
La Cour de cassation casse et annule l’arrêt attaqué, avec renvoi de l’affaire devant la même cour pour qu’il y soit statué à nouveau, autrement composée, conformément à la loi, et met les dépens à la charge de la défenderesse au pourvoi.
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Vice rédhibitoire, Véhicule automobile, Responsabilité du vendeur, Remplacement de la chose vendue, Préjudice matériel, Perte de gain, Garantie des vices cachés, Force probante du rapport d'expertise, Expertise judiciaire, Dommages-intérêts, Dangerosité, Contrat de vente, Appréciation souveraine
45105
Réparation de véhicule et délai contractuel : Le juge doit motiver sa décision écartant le caractère abusif d’une clause et répondre à l’argumentation fondée sur les autres stipulations du contrat invoquées par les parties (Cass. com. 2020)
Cour de cassation
Rabat
14/10/2020
Retard d'exécution, Responsabilité contractuelle, Réparation automobile, Protection du consommateur, Pouvoir souverain d'appréciation des juges du fond, Obligation de résultat, Obligation de motivation, manque de base légale, Dommages et intérêts, Défaut de motifs, Contrat de service, Clauses contractuelles, Clauses abusives, Cassation
45395
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45924
Responsabilité civile : Appréciation souveraine du rapport d’expertise judiciaire établissant l’absence de lien de causalité (Cass. com. 2019)
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