Réf
28964
Juridiction
Cour d'appel de commerce
Pays/Ville
Maroc/Casablanca
N° de décision
3198
Date de décision
28/06/2022
N° de dossier
2022/8211/1876
Type de décision
Arrêt
Base légale
Article(s) : 142 - Dahir n° 1-00-19 du 9 kaada 1420 (15 février 2000) portant promulgation de la loi n° 17-97 relative à la protection de la propriété industrielle
Source
Non publiée
محكمة الاستئناف
حيث تمسكت الطاعنة بتقادم دعوى الاسترداد لمضي ثلاث سنوات على تسجيل العلامة إضافة إلى عدم إثبات المستأنف عليها لاستعمال العلامة قبل تسجيلها من قبل الطاعنة وعدم اثبات شروط المادة 142 من القانون رقم 17-97 من اختلاس حقوق الغير أو خرق التزام تعاقدي.
و حيث جاء بالمادة 142 من قانون رقم 97-17 المتعلق بالملكية الصناعية بأنه إذا طلب تسجيل علامة إما اختلاسا لحقوق الغير وإما خرقا لالتزام قانوني أو اتفاقي ، جاز للشخص الذي يعتبر أن له حقا في العلامة المطالبة بملكيتها عن طريق القضاء.
وحيث إنه لئن كانت ملكية العلامة تنشأ من خلال التسجيل الذي يخول الحماية القانونية للمودع إلا أن هذا الحق نسبي وليس مطلق ويمكن لمستعمل العلامة الذي اغفل تسجيلها المطالبة قضاء بملكيتها واسترداد حقه عليها لكن شريطة إثبات أنه هو المستعمل الأول لها داخل البلد المطلوب فيه الحماية وليس خارجه وكذا أنه هو المالك الأول لها.
وحيث ان حقوق الملكية الصناعية بما فيها الحق في براءة الاختراع أو النموذج الصناعي أو العلامة التجارية هي حقوق وطنية وليست دولية وتخضع لمبدأ أساسي معروف وهو مبدأ الإقليمية بمعنى أنه مبدئيا لا يعترف بالحماية لهذا الحق إلا في الدولة التي سجلت فيها وطنيا هذه العلامة أو استعملت فيها هذه العلامة دون غيرها من الدول الأخرى حتى ولو كانت دولة عضو في اتحاد باريس ما لم يعمد صاحب الحق إلى طلب تسجيله دوليا وتمديد الحماية إلى الدول المعنية. وهكذا لا يكون للإيداع الوطني لعلامة في دولة معينة أي تأثير على باقي الدول كما أن استعمال علامة في إحدى الدول لا يفيد في اضفاء الحماية عليها داخل دولة أخرى.
وحيث لم يثبت من جميع وثائق الملف التي اطلعت عليها هذه المحكمة أن الطاعنة سبق لها أن استعملت في المغرب العلامة المطلوب استردادها أو قامت بأي حملات اشهارية للتعريف بهذه العلامة من اجل استعمالها فيما بعد داخل المغرب، أو أن الجمهور في المغرب يربط بين هذه العلامة والطاعنة. كما أن محضر المعاينة المباشرة المدلى به من طرف المستأنف عليها الذي يفيد أن المنتوج Light Et Natural Carotone هو يباع بإسم الشركة المنتجة له شركة Nouvelle Parfumerie Gandour Cote d’ivoire الشركة المستأنف عليها قد جاء بتاريخ لاحق لمرور الأجل المنصوص عليه بموجب المادة 142 المذكورة.
وحيث إن الطاعنة تبقى هي المالكة الوحيدة لعلامة Light Et Natural Carotone منذ تاريخ 24/07/2017 تاريخ إيداع طلب التسجيل وأنه بعد مرور أكثر من 4 سنوات على استعمال واستغلال هذه العلامة من طرف الطاعنة فانه لا يحق للمستأنف عليها مقاضاتها من أجل استرداد العلامة لعدم توفر موجبات وشروط المادة 142 من قانون 97-17 وذلك لتقديم الدعوى بعد مرور اجل 3 سنوات من تاريخ تسجيل العلامة من طرف الطاعنة وثانيا لعدم ثبوت سوء نيتها، كما أنه لا وجود بالملف لما يثبت أن المستأنف عليها كانت ترسل سلع مماثلة عليها هذه العلامة للمستأنفة قبل تاريخ التسجيل أو أن العلامة كانت معروفة لدى التجار في المغرب قبل تسجيلها من طرف الطاعنة، ومادام أن الأصل هو حسن النية وأن إثبات سوء النية يقع على عاتق مدعيه وبما انه لا دليل بالملف على سوء نية الطاعنة فان دعوى الاسترداد المرفوعة من طرف المستأنف عليها يكون قد طالها التقادم والحكم الذي لم يراعي ذلك يكون خارقا للمادة 142 من قانون 97-17 ومجانبا للصواب ويتعين إلغاءه والتصريح من جديد برفض الطلب.
وحيث يتعين تحميل المستأنف عليها الصائر.
لهــذه الأســـــبـــاب
فإن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء تقضي وهي تبت انتهائيا، علنيا وحضوريا.
في الشكــل : بقبول الاستئناف.
موضوعـــا: باعتباره وإلغاء الحكم المستأنف والحكم من جديد برفض الطلب مع تحميل المستأنف عليها الصائر.
Attendu que la requérante a invoqué la prescription de l’action en revendication en raison de l’écoulement de trois ans depuis l’enregistrement de la marque, ainsi que l’absence de preuve, par l’intimée, de l’usage de la marque avant son enregistrement par la requérante, et le non-respect des conditions de l’article 142 de la loi n° 17-97, concernant l’usurpation des droits d’autrui ou la violation d’une obligation contractuelle.
Et attendu que l’article 142 de la loi n° 17-97 relative à la propriété industrielle dispose que : « Si une marque a été demandée soit en usurpant les droits d’autrui, soit en violation d’une obligation légale ou contractuelle, la personne qui s’estime titulaire d’un droit sur cette marque peut revendiquer sa propriété en justice. »
Attendu que, bien que la propriété d’une marque découle de son enregistrement, lequel confère une protection juridique au déposant, ce droit est relatif et non absolu. L’utilisateur d’une marque qui aurait omis de la déposer peut en revendiquer judiciairement la propriété et récupérer ses droits sur celle-ci, à condition de prouver qu’il est le premier utilisateur de ladite marque dans le pays où la protection est demandée, et non à l’étranger, ainsi que d’établir qu’il en est le premier propriétaire.
Attendu que les droits de propriété industrielle, y compris les droits sur les brevets d’invention, les dessins ou modèles industriels et les marques commerciales, sont des droits nationaux et non internationaux, soumis au principe fondamental de territorialité. Cela signifie que, en principe, la protection de ces droits n’est reconnue que dans le pays où la marque a été enregistrée ou utilisée, à l’exclusion des autres pays, même s’ils sont membres de l’Union de Paris, sauf si le titulaire a sollicité un enregistrement international et étendu la protection aux pays concernés. Ainsi, un dépôt national dans un pays donné n’a aucun effet dans les autres pays, et l’usage d’une marque dans un pays ne confère pas de protection dans un autre pays.
Attendu qu’il ne résulte d’aucun des documents du dossier examinés par la Cour que la requérante ait utilisé au Maroc la marque revendiquée, mené des campagnes publicitaires visant à promouvoir son usage futur au Maroc, ou que le public marocain associe cette marque à la requérante. De même, le procès-verbal de constat direct produit par l’intimée, indiquant que le produit Light Et Natural Carotone est vendu sous le nom de la société productrice Nouvelle Parfumerie Gandour Côte d’Ivoire, intimée en l’espèce, est postérieur au délai prévu par l’article 142 précité.
Attendu que la requérante demeure l’unique propriétaire de la marque Light Et Natural Carotone depuis le 24 juillet 2017, date de dépôt de la demande d’enregistrement. Après plus de quatre ans d’usage et d’exploitation de cette marque par la requérante, l’intimée ne peut la poursuivre en revendication, faute de satisfaire les exigences de l’article 142 de la loi n° 17-97, d’une part en raison de la prescription de trois ans suivant l’enregistrement de la marque par la requérante, et d’autre part faute de preuve de sa mauvaise foi. Par ailleurs, il n’existe aucune preuve au dossier établissant que l’intimée aurait envoyé des marchandises similaires portant cette marque à la requérante avant la date d’enregistrement, ou que ladite marque était connue des commerçants au Maroc avant son enregistrement par la requérante. Le principe étant la bonne foi, la charge de la preuve de la mauvaise foi incombe à celui qui l’allègue. En l’absence de toute preuve de mauvaise foi de la part de la requérante, l’action en revendication intentée par l’intimée est prescrite, et le jugement qui n’en a pas tenu compte viole l’article 142 de la loi n° 17-97, est erroné et doit être annulé, avec rejet de la demande.
Attendu qu’il y a lieu de mettre les dépens à la charge de l’intimée.
Par ces motifs
La Cour d’appel commerciale de Casablanca, statuant en dernier ressort, publiquement et contradictoirement :
54951
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60281
Marque : La similitude visuelle et phonétique entre deux signes entraîne un risque de confusion justifiant le refus d’enregistrement (CA. com. Casablanca 2024)
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54683
Le délai de six mois pour statuer sur une opposition à l’enregistrement d’une marque est un délai de rigueur non prorogé par la contestation de la décision préliminaire (CA. com. Casablanca 2024)
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12/03/2024
54953
Propriété industrielle : l’inobservation par l’OMPIC du délai de six mois pour statuer sur une opposition à l’enregistrement d’une marque entraîne l’annulation de sa décision (CA. com. Casablanca 2024)
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30/04/2024
58679
Marque : Un nom géographique relevant du domaine public ne peut faire l’objet d’une appropriation exclusive et son usage ne crée pas de risque de confusion (CA. com. Casablanca 2024)
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60357
Opposition à l’enregistrement d’une marque : L’absence de ressemblance phonétique et visuelle entre les signes exclut le risque de confusion en dépit de la similarité des produits (CA. com. Casablanca 2024)
Cour d'appel de commerce
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31/12/2024
Risque de confusion, Rejet de l'opposition, Propriété industrielle, Opposition à l'enregistrement, Marque, Impression d'ensemble, Enregistrement de marque, Appréciation de la similarité, Annulation de la décision de l'OMPIC, Absence de ressemblance visuelle, Absence de ressemblance phonétique
54685
Opposition à l’enregistrement d’une marque : Le délai de six mois imparti à l’OMPIC pour statuer est un délai impératif dont le non-respect entraîne l’annulation de la décision (CA. com. Casablanca 2024)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
12/03/2024
54955
Le délai de six mois pour statuer sur une opposition à l’enregistrement d’une marque inclut la phase de contestation interne et son dépassement entraîne l’annulation de la décision de l’OMPIC (CA. com. Casablanca 2024)
Cour d'appel de commerce
Casablanca
30/04/2024