Responsabilité contractuelle d’une banque en cas de prélèvement indu de mensualités de crédit à la consommation (Cour d’appel de commerce Casablanca 2022)

Réf : 31249

Identification

Réf

31249

Juridiction

Cour d'appel de commerce

Pays/Ville

Maroc/Casablanca

N° de décision

4720

Date de décision

27/10/2022

N° de dossier

2156/8220/2022

Type de décision

Arrêt

Abstract

Base légale

Article(s) : 327-55 et suivants - Dahir portant loi n° 1-74-447 du 11 ramadan 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile (CPC)
Article(s) : 264 - 269 - 270 - Dahir du 9 ramadan 1331 (12 août 1913) formant Code des obligations et des contrats

Source

Caccasablanca.ma

Résumé en français

La Cour d’appel a été saisie d’un litige opposant un client à sa banque suite à un prélèvement indu de mensualités de crédit à la consommation. Le client avait contracté un crédit auprès de la banque, qui avait prélevé par erreur cinq mensualités au lieu d’une seule, causant ainsi un préjudice financier au client.

Le tribunal de première instance avait donné raison au client et condamné la banque à lui verser des dommages et intérêts. La banque a fait appel de cette décision, tandis que le client a formé un appel incident pour demander une augmentation du montant des dommages et intérêts.

La Cour d’appel a confirmé la responsabilité de la banque en relevant que le prélèvement indu constituait une faute ayant causé un préjudice réel et certain au client. Il n’était pas nécessaire pour le client de prouver de manière précise l’étendue de ce préjudice. La Cour a cependant modifié le jugement de première instance en augmentant le montant des dommages et intérêts accordés au client, afin de tenir compte des conséquences financières et psychologiques du prélèvement indu.

Résumé en arabe

Considérant que l’appelant principal soutient que le Tribunal de première instance a considéré le dommage comme établi sans preuve ni démonstration de ses éléments constitutifs, ce qui constitue une violation de la loi et des règles de la preuve.

Considérant que l’appelant incident soutient que l’indemnisation allouée est dérisoire et ne couvre pas les dommages subis, d’autant plus que le règlement du litige a pris plusieurs mois, ce qui a affecté la sécurité financière de la famille.

Considérant qu’il ressort des pièces du dossier que l’appelant incident a obtenu un prêt à la consommation auprès de l’appelant principal, qu’il s’est engagé à rembourser en 72 mensualités d’un montant de 1029,02 dirhams chacune, mais que la banque a, au cours du mois de septembre 2021, prélevé 5 mensualités en une seule fois, ce qui constitue une faute de sa part ayant causé un préjudice à l’appelant incident, en ce qu’elle a affecté sa situation financière, d’autant plus que le total des mensualités prélevées représente la moitié de son salaire, comme il ressort des relevés de compte, sachant qu’il a d’autres obligations, à savoir les mensualités prélevées sur son salaire et relatives au prêt immobilier, comme il ressort également des relevés produits, ce qui a créé une perturbation de ses revenus, outre le fait que les prélèvements en question ont coïncidé avec ses vacances annuelles, comme il ressort de l’attestation de congé annuel et du reçu de paiement de l’autoroute, ce qui est de nature à affecter son moral et sa sécurité financière, d’autant plus que la banque, malgré le fait que le prélèvement a été effectué en septembre 2021 et qu’elle a reçu la mise en demeure le 8/10/2021, n’a pas pris l’initiative de régulariser la situation et de rembourser les mensualités prélevées sans justification, ce qui a conduit l’appelant incident à recourir au Centre Marocain de Médiation Bancaire.

Considérant qu’en conséquence de ce qui précède, les dommages susmentionnés résultant de la faute de la banque sont établis à son encontre et qu’elle demeure responsable de leur réparation, mais que le montant alloué ne correspond pas à l’étendue des dommages en question, la Cour décide de le porter à la somme de 15000 dirhams.

Considérant qu’il convient, en conséquence de ce qui précède, de rejeter l’appel principal en laissant les dépens à la charge de son auteur, et de déclarer l’appel incident partiellement fondé et de modifier le jugement attaqué en portant le montant de la condamnation à 15000 dirhams et en le confirmant pour le surplus, et de laisser les dépens à la charge de la partie succombante.

Par ces motifs,

La Cour d’appel de commerce Casablanca, statuant publiquement, contradictoirement et en dernier ressort,

En la forme : Déclare les appels principal et incident recevables.

Au fond : Rejette l’appel principal en laissant les dépens à la charge de son auteur, déclare l’appel incident partiellement fondé et modifie le jugement attaqué en portant le montant de la condamnation à 15000,00 dirhams, le confirme pour le surplus et laisse les dépens à la charge de la partie qui succombe.

Texte intégral

محكمــة الاستئـناف

حيث يتمسك  المستانف اصليا بان محكمة  الدرجة  الاولى  اعتبرت  الضرر قائما دون  اثباته  وتوافر عناصره،  مما يعد خرقا  للقانون وقواعد  الاثبات.

وحيث يدفع  المستانف فرعيا  بان التعويض المحكوم به هزيل ولا يغطي الاضرار  اللاحقة به، سيما  وان  التسوية  استغرقت عدة شهور مما اثر  على  الامن المالي للاسرة.

وحيث ان الثابت  من وثائق  الملف  ان المستانف فرعيا حصل  على قرض استهلاكي من المستانف  اصليا، التزم بادائه  على  مدى  72 قسطا  بقيمة  1029.02 درهما لكل قسط،  الا ان البنك  قام  خلال شهر  شتنبر  2021 باقتطاع 5 اقساط دفعة  واحدة،  مما  يعد  خطأ  من جانبه  الحق  ضررا  بالمستانف فرعيا،  اذ انه  اثر على  وضعيته المالية  ، سيما  ان مجموع الاقساط  المقتطعة  يمثل  نصف   راتبه  كما هو  ثابت من الكشوف الحسابية، علما  انه له التزامات  اخرى  تتمثل  في الأقساط المقتطعة  من راتبه  والمتعلقة بالقرض العقاري كما هو  ثابت كذلك من الكشوف  المستدل بها،  مما  خلق له  اضطرابا في دخله  ، فضلا  عن ان الاقتطاعات  المذكورة  صادفت عطلته  السنوية   كما هو  ثابت من شهادة  العطلة  السنوية  و ورقة  اداء الطريق السيار الامر الذي من شانه التاثير  على نفسيته  وامنه  المالي فضلا  عن ان البنك رغم  ان الاقتطاع تم في شهر  شتنبر  2021 وتوصله  بالانذار في 8/10/2021، فانه لم يبادر الى تسوية  الوضعية  وارجاع  الاقساط  المقتطعة دون مبرر ، مما حدا  بالمستانف فرعيا الى اللجوء الى المركز المغربي للوساطة البنكية .

وحيث ترتيبا على ما ذكر تبقى  الاضرار  المذكورة المترتبة  عن خطأ  البنك ثابتة  في حقه ويبقى  مسؤولا عن تعويضها، غير ان  المبلغ المحكوم به به لا يوازي حجم الاضرار المومأ  لها، مما قررت  معه  المحكمة رفعه الى مبلغ 15000 درهم.

وحيث يتعين  ترتيبا على ما ذكر رد  الاستئناف الاصلي مع ابقاء الصائر عل  رافعه ، واعتبار الفرعي جزئيا وتعديل الحكم  المستانف  وذلك برفع  المبلغ  المحكوم به الى  15000 درهم  وتاييده  في الباقي وجعل الصائر  بالنسبة.  

لـهذه الأسبـــــاب

تصرح محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء وهي تبت  انتهائيا علنيا  وحضوريا

في الشـــكـل :  قبول الاستئنافين الاصلي  والفرعي

وفي الموضوع: برد الاصلي مع ابقاء الصائر على  رافعه واعتبار  الفرعي جزئيا  وتعديل  الحكم المستانف وذلك برفع  المبلغ المحكوم  به  الى 15000.00 درهم  ، وتاييده  في الباقي وجعل  الصائر  بالنسبة .