Réf
45333
Juridiction
Cour de cassation
Pays/Ville
Maroc/Rabat
N° de décision
412/3
Date de décision
28/10/2020
N° de dossier
2019/3/3/2067
Type de décision
Arrêt
Chambre
Commerciale
Mots clés
قرارات محكمة النقض, Relevé de compte, Rejet implicite, Rejet, Recouvrement de créance, Preuve en matière bancaire, Pouvoir souverain d'appréciation, Motivation des décisions, Force probante, Expertise judiciaire, Etablissement de crédit, Demande d’expertise, Créance Bancaire, Banque
Base légale
Article(s) : 156 - Dahir n° 1-14-193 du 1er rabii I 1436 (24 décembre 2014) portant promulgation de la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés
Article(s) : 492 - Dahir n° 1-96-83 du 15 rabii I 1417 (1er août 1996) portant promulgation de la loi n° 15-95 formant code de commerce
Source
Non publiée
Une cour d'appel justifie légalement sa décision en considérant que les relevés de compte produits par un établissement bancaire constituent une preuve suffisante de la créance réclamée à un client, conformément aux dispositions de l'article 156 de la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés et de l'article 492 du Code de commerce. En se fondant sur ces documents pour déterminer le montant de la dette, elle écarte implicitement mais nécessairement la demande d'expertise comptable formulée par le débiteur, dès lors que cette demande n'est pas étayée par des éléments de nature à contester lesdits relevés.
Le rejet d'une telle demande n'entache pas l'arrêt d'un défaut de motivation.
محكمة النقض – الغرفة التجارية – القرار عدد 3/412 – المؤرخ في 2020/10/28 – ملف تجاري عدد 2019/3/3/2067
بناء على مقال النقض المودع بتاريخ 2019/10/11 من طرف الطالبة المذكور أعلاه بواسطة نائبها الأستاذ المعطي (أ.) الرامي إلى نقض القرار رقم 3669 الصادر بتاريخ 2019/07/22 في الملف عدد 2940/ 8221 | 2019 عن محكمة الاستئناف التجارية بالدار البيضاء؛
و بناء على قانون المسطرة المدنية المؤرخ في 28 شتنبر 1974 كما وقع تعديله وتتميمه؛
و بناء على الأمر بالتخلي والإبلاغ الصادر في 07 / 10/ 2020 ؛
و بناء على الإعلام بتعيين القضية في الجلسة العلنية المنعقدة بتاريخ 10/28/ 2020؛
و بناء على المناداة على الطرفين و من ينوب عنهما وعدم حضورهم؛
و بعد تلاوة التقرير من طرف المستشار المقرر السيد هشام العبودي والاستماع إلى ملاحظات المحامي العام السيد عبد العزيز أو بايك ؛
و بعد المداولة طبقا للقانون
حيث يستفاد من مستندات الملف، ومن القرار المطعون فيه أن المطلوبة (ش. ع. م. ل.) تقدمت بتاريخ 2018/11/07 بمقال لتجارية الرباط ، عرضت فيه أنها دائنة للطالبة مها (أ.) بمبلغ 1.681,728,07 درهما بمقتضى كشف حساب ، غير انها رفضت الأداء، بالرغم من كافة المحاولات الحبية ملتمسة الحكم عليها بأدائها لها المبلغ المذكور مع الفوائد البنكية، والضريبة على القيمة المضافة من تاريخ حصر الحساب الى يوم الأداء ، والفوائد القانونية من تاريخ الطلب، وتعويضا عن التماطل قدره 10.000,00 درهم، وبعد جواب المدعى عليها، وتبادل الردود صدر الحكم بأداء المدعى عليها للمدعية مبلغ 65.474,59 درهما عن الأقساط الحالة ومبلغ 1.496.315,22 درهما عن الرأسمال المتبقي مع غرامة عن التأخير قدرها 1 % ، استأنفته المحكوم لها. وبعد ان تخلف نائب المستأنف عليها عن الجواب رغم الإعلام ، أصدرت محكمة الاستئناف التجارية قرارها بتأييد الحكم المستأنف مع تعديله برفع المبلغ المحكوم به الى 1.681.728,07 درهما وهو المطلوب نقضه .
في شأن السبب الوحيد ،
حيث تنعم الطاعنة على القرار خرق الفصل 345 من قانون المسطرة المدنية وانعدام التعليل بدعوى أنها تمسكت بأدائها مجموعة من المبالغ وبكونها لم تتوقف عن الأداء إلا لأسباب قاهرة تتمثل في الركود الاقتصادي لسوق العقار، باعتبارها موثقة . وأنه لما كان المبلغ
ن اص
المطلوب جد مبالغ فيه فقد التمست إجراء خبرة حسابية، غير أن المحكمة مصدرة القرار المطعون فيه أيدت الحكم المستأنف دون الجواب على طلبها اجراء خبرة، فجاء بذلك القرار ناقص التعليل نقصانا موازيا لانعدامه ، مما يتوجب معه التصريح بنقضه .
لكن، حيث ثبت للمحكمة مصدرة القرار المطعون فيه من خلال كشوف الحساب التي استدل لها بها أن الطالبة مدينة للمطلوبة بمبلغ إجمالي قدره 1.681,728,07 درهما وكذا مبلغ 188.882,31 درهما عن الرأسمال المتبقي ، ومبلغ 2695,31 درهما عن الحساب الجاري، ومبلغ 79.983,46 درهما عن الحساب عن المكشوف ، فاعتبرت أن كشفي الحساب المذكورين كافيين لإثبات المديوينية وتحديدها في المبلغ المذكور ، منتهية الى تعديل الحكم المستأنف برفع المبلغ المحكوم به الى المبلغ سالف الذكر ، وهو منحى قانوني سليم اعتدت بمقتضاه بالحجية القانونية المقررة لكشوف الحساب البنكية في الإثبات ، مطبقة في ذلك صحيح أحكام المادة 156 من القانون رقم 103.12 المتعلق بمؤسسات الائتمان والهيئات المعتبرة في حكمها، وكذا المادة 492 من مدونة التجارة ، وموقفها هذا فيه استبعاد ضمني لملتمس الطالبة الرامي لاجراء خبرة حسابية الذي لم يكن معززا بما من شانه اثبات خلاف ما تضمنته كشوف الحساب ، وبذلك فهي لم تغفل مناقشة أي ملتمس ، وجاء قرارها معللا تعليلا سليما وكافيا والسبب على غير أساس .
لهذه الأسباب
قضت محكمة النقض برفض الطلب وتحميل الطالبة المصاريف.
Cour de cassation – Chambre commerciale – Arrêt n° 3/412 – en date du 28/10/2020 – Dossier commercial n° 2019/3/3/2067
Vu le pourvoi en cassation déposé le 11/10/2019 par la demanderesse susmentionnée, par l’intermédiaire de son avocat Maître El Maati (A.), tendant à la cassation de l’arrêt n° 3669 rendu le 22/07/2019 dans le dossier n° 2940/8221/2019 par la Cour d’appel de commerce de Casablanca ;
Vu le Code de procédure civile du 28 septembre 1974, tel que modifié et complété ;
Vu l’ordonnance de dessaisissement et de communication du 07/10/2020 ;
Vu l’avis de fixation de l’affaire à l’audience publique tenue le 28/10/2020 ;
Vu l’appel des parties et de leurs représentants et leur non-comparution ;
Et après la lecture du rapport par le conseiller rapporteur, M. Hicham El Aboudi, et l’audition des observations de l’avocat général, M. Abdelaziz Oubayk ;
Et après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Attendu qu’il ressort des pièces du dossier et de l’arrêt attaqué que la défenderesse au pourvoi, (S.A.M.L.), a saisi le 07/11/2018 le Tribunal de commerce de Rabat d'une requête dans laquelle elle a exposé être créancière de la demanderesse au pourvoi, Maha (A.), à hauteur de la somme de 1.681.728,07 dirhams en vertu d'un relevé de compte, mais que celle-ci a refusé de payer, malgré toutes les tentatives amiables, sollicitant sa condamnation à lui verser ladite somme, majorée des intérêts bancaires, de la taxe sur la valeur ajoutée depuis la date d'arrêté du compte jusqu'au jour du paiement, des intérêts légaux à compter de la date de la demande, ainsi qu'une indemnité pour retard de paiement d'un montant de 10.000,00 dirhams. Après réponse de la défenderesse et échange des conclusions, le jugement a été rendu, condamnant la défenderesse à payer à la demanderesse la somme de 65.474,59 dirhams au titre des échéances dues et la somme de 1.496.315,22 dirhams au titre du capital restant dû, avec une pénalité de retard de 1 %. La bénéficiaire du jugement a interjeté appel de cette décision. Après que l'avocat de l'intimée a fait défaut de répondre bien qu'ayant été notifié, la Cour d'appel de commerce a rendu son arrêt confirmant le jugement entrepris tout en le réformant par l'augmentation du montant de la condamnation à la somme de 1.681.728,07 dirhams, lequel arrêt fait l'objet du présent pourvoi.
Sur le moyen unique,
Attendu que la demanderesse au pourvoi reproche à l'arrêt la violation de l'article 345 du Code de procédure civile et le défaut de motivation, au motif qu'elle a soutenu avoir payé plusieurs sommes et n'avoir cessé les paiements que pour des raisons de force majeure consistant en la récession économique du marché immobilier, en sa qualité de notaire. Et que, le montant réclamé étant très excessif, elle a sollicité l'organisation d'une expertise comptable. Cependant, la cour ayant rendu l'arrêt attaqué a confirmé le jugement entrepris sans répondre à sa demande d'expertise, rendant ainsi son arrêt entaché d'un défaut de motivation équivalant à une absence de motivation, ce qui impose sa cassation.
Mais attendu qu'il est établi pour la cour ayant rendu l'arrêt attaqué, au vu des relevés de compte qui lui ont été produits, que la demanderesse au pourvoi est débitrice envers la défenderesse d'une somme totale de 1.681.728,07 dirhams, ainsi que d'une somme de 188.882,31 dirhams au titre du capital restant dû, d'une somme de 2.695,31 dirhams au titre du compte courant, et d'une somme de 79.983,46 dirhams au titre du compte à découvert. La cour a ainsi considéré que lesdits relevés de compte étaient suffisants pour prouver la dette et la fixer au montant précité, concluant à la réformation du jugement entrepris en portant le montant de la condamnation à la somme susmentionnée. Il s'agit là d'une démarche juridiquement saine, par laquelle elle a reconnu la force probante conférée par la loi aux relevés de compte bancaires en matière de preuve, faisant ainsi une correcte application des dispositions de l'article 156 de la loi n° 103.12 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, ainsi que de l'article 492 du Code de commerce. Cette position emporte le rejet implicite de la demande d'expertise comptable formée par la demanderesse, laquelle n'était étayée par aucun élément de nature à prouver le contraire de ce que contenaient les relevés de compte. Par conséquent, la cour n'a omis de discuter aucune demande, et son arrêt est doté d'une motivation saine et suffisante, ce qui rend le moyen dénué de tout fondement.
PAR CES MOTIFS
La Cour de cassation rejette le pourvoi et condamne la demanderesse aux dépens.